Entropie et interaction thermique
Interaction entre systèmesEntropie S = k ln Ω2e principeTempératureÉquipartitionCapacité thermiqueGaz parfaits3e principe
Fil conducteur : quand deux systèmes échangent de l'énergie, la répartition qui l'emporte est celle qui maximise le nombre d'états \(\Omega_0 = \Omega_1\Omega_2\). L'entropie \(S = k\ln\Omega\) rend ce comptage additif et manipulable ; sa dérivée par rapport à l'énergie définit la température.
0. D'où vient ce cours
Au cours 2 on a vu que le nombre d'états accessibles d'un système est une fonction extraordinairement sensible de son énergie, \(\Omega \propto E_{therm}^{N\nu/2}\). Ce cours exploite cette sensibilité. Lorsque deux systèmes se partagent une énergie fixée, le produit \(\Omega_1\Omega_2\) présente un pic si étroit que la répartition la plus probable est, en pratique, la seule observée : c'est l'équilibre thermique. Le logarithme de \(\Omega\) devient l'entropie, qui ne peut qu'augmenter (2e principe), et sa pente en fonction de l'énergie définit la température. On en déduit l'équipartition, la loi des gaz parfaits, le lien entre chaleur et entropie (\(dQ = T\,dS\)), les capacités thermiques et le 3e principe.
1. Interaction entre systèmes
Deux systèmes combinés échangent de l'énergie, mais la somme reste constante :
La distribution des énergies d'un système combiné se fait toujours de façon à maximiser le nombre d'états accessibles. Comme tous les états sont équiprobables (postulat fondamental), la répartition \((E_1, E_2)\) qui correspond au plus grand nombre d'états est la plus probable.
\(\Omega_1\propto E_1^3\), \(\Omega_2\propto E_2^5\).
| \(E_1\) (eV) | \(E_2\) (eV) | \(\Omega_1\propto E_1^3\) | \(\Omega_2\propto E_2^5\) | \(\Omega_0\propto\Omega_1\Omega_2\) |
|---|---|---|---|---|
| 0 | 5 | 0 | 3125 | 0 |
| 1 | 4 | 1 | 1024 | 1024 |
| 2 | 3 | 8 | 243 | 1944 (50 % des états) |
| 3 | 2 | 27 | 32 | 864 |
| 4 | 1 | 64 | 1 | 64 |
| 5 | 0 | 125 | 0 | 0 |
Total 3896 états ; la répartition \(E_1 = 2\) eV, \(E_2 = 3\) eV contient la moitié d'entre eux.
\(\Omega_1\propto E_1^{30}\), \(\Omega_2\propto E_2^{50}\) : \(\Omega_0 = 1{,}27\times10^{30}\) pour \(E_1 = 1\), \(7{,}71\times10^{32}\) pour \(E_1 = 2\), \(2{,}32\times10^{29}\) pour \(E_1 = 3\), \(1{,}15\times10^{18}\) pour \(E_1 = 4\). La répartition (2, 3) contient maintenant 99,9 % des états. En multipliant les degrés de liberté par 10, le pic est passé de \(\sigma = 0{,}86\) eV à \(\sigma = 0{,}27\) eV (diapo 5).
2. Le deuxième principe de la thermodynamique
\(10^{24}\) molécules ayant chacune 10 états : \(\Omega = 10^{10^{24}}\), donc \(S = k\ln\Omega = k\times10^{24}\times\ln 10 = 1{,}38\times10^{-23}\times10^{24}\times2{,}3 \approx 32\) J/K. Un nombre inimaginable devient quelques joules par kelvin.
3. La température
3.1 Équilibre thermique
À \(V\) et \(N\) constants, deux systèmes de températures différentes mis en contact échangent de l'énergie : \(dE_1 = -dE_2\). Quand le système combiné atteint l'équilibre, son entropie est maximale :
3.2 Équipartition
À l'aide de l'entropie on démontre enfin que l'énergie moyenne d'un degré de liberté vaut \(\tfrac12 kT\). Pour un gaz monoatomique (cours 2) :
3.3 Changement d'entropie et nombre d'états
\(\dfrac{\Omega_f}{\Omega_i} = e^{\Delta Q/kT} = \exp\!\left(\dfrac{1}{1{,}381\times10^{-23}\times295}\right) = e^{2{,}45\times10^{20}} = 10^{1{,}07\times10^{20}}\). Un seul joule multiplie le nombre d'états par \(10\) à la puissance cent milliards de milliards.
3.4 La capacité thermique et la chaleur spécifique
Selon la nature de la substance chauffée, l'accroissement de température pour une même chaleur reçue est différent : certains matériaux stockent mieux la chaleur, comme l'eau (rôle des océans dans la stabilisation du climat).
| Substance | \(c_p\) (kJ/(kg K)) | Substance | \(c_p\) (kJ/(kg K)) |
|---|---|---|---|
| Aluminium | 0,90 | Sucre | 1,13 |
| Cuivre | 0,39 | Sel de table | 0,88 |
| Or | 0,126 | Bois | 1,8 |
| Acétone (liquide) | 2,22 | Air | 1,05 |
| Alcool éthylique | 2,43 | Hélium (gaz) | 5,23 |
| Marbre | 0,88 | Eau | 4,19 |
| Caoutchouc synthétique | 1,9 | Glace (sous 0 °C) | 2,09 |
Table 8.1 du manuel, à température ambiante et pression constante. Attention : la diapo 14 du cours indique 2,43 kJ/(kg K) pour le marbre ; c'est la valeur de l'alcool éthylique (ligne omise sur la diapo), le manuel donne 0,88 pour le marbre.
Pour cryofixer un échantillon hydraté en glace amorphe, l'azote liquide (−195 °C) donne de mauvais résultats : sa capacité thermique molaire est trop faible (\(C_p = 56\) J/(mol K)) et il se forme une couche de vapeur isolante autour de l'échantillon (effet Leidenfrost). On utilise plutôt le propane liquide (\(C_p = 98\) J/(mol K)), qui absorbe plus de chaleur par degré sans bouillir.
3.5 Loi des gaz parfaits
Un gaz parfait est un gaz dont les molécules sont suffisamment distantes pour ne pas interagir. De l'entropie du gaz monoatomique et de la relation \((\partial S/\partial V)_{E,N} = p/T\) :
3.6 Capacités thermiques d'un gaz parfait (chap. 8, ex. 41)
4. Le troisième principe de la thermodynamique
- Calculer l'entropie de chaque substance à la température de la réaction : \(S_A(T) = \int_0^T \frac{C_A}{T'}dT'\) (par exemple avec \(C_A = a\sqrt T\) : \(S_A = 2a\sqrt T\)).
- Faire le bilan \(\Delta S = S_{final} - S_{initial} = S_C - (S_A + S_B)\), en comptant les moles de chaque espèce.
- Convertir en chaleur à température constante : \(\Delta Q = T\,\Delta S\). \(\Delta Q \lt 0\) : la réaction dégage de la chaleur (exothermique).
5. À retenir
- \(\Omega_0 = \Omega_1\Omega_2\) est maximal pour \(E_1^* = \frac{n_1}{n_1+n_2}E_0\) ; le pic est d'autant plus étroit que les systèmes sont grands.
- \(S = k\ln\Omega\) ; \(S_0 = S_1 + S_2\) ; 2e principe : \(\Delta S_0 \ge 0\), maximum à l'équilibre.
- \(\left(\partial S/\partial E\right)_{V,N} = 1/T\), \(\left(\partial S/\partial V\right)_{E,N} = p/T\), \(\left(\partial S/\partial N\right)_{E,V} = -\mu/T\) ; \(dQ = T\,dS\).
- Équilibre thermique \(\Leftrightarrow T_1 = T_2\) ; équipartition \(E_{therm}/(N\nu) = kT/2\) ; gaz parfait \(pV = NkT = nRT\).
- \(\Delta S = k\ln(\Omega_f/\Omega_i)\), \(\Omega_f/\Omega_i = e^{\Delta Q/kT}\) ; \(C_y = (dQ/dT)_y\) ; \(\Delta S = mc\ln(T_f/T_i)\).
- Gaz parfait : \(C_V = \frac{\nu}{2}R\), \(C_p = C_V + R\), \(\gamma = (\nu+2)/\nu\).
- 3e principe : \(S(0) = 0\), \(S(T) = \int_0^T C_p\,dT'/T'\), \(C_p \to 0\) quand \(T\to0\).
Quiz rapide - Cours 3
Une seule bonne réponse par question. Cliquez pour vérifier immédiatement.
Deux systèmes isolés du reste de l'univers échangent de l'énergie. Vers quelle répartition \((E_1, E_2)\) évoluent-ils ?
- Celle qui minimise \(E_1\)
- Celle qui égalise \(E_1\) et \(E_2\)
- Celle qui maximise \(\Omega_0 = \Omega_1\Omega_2\)
- Celle qui maximise \(\Omega_1\) seul
Système 1 : 6 ddl, système 2 : 10 ddl, \(E_0 = 8\) eV. Répartition la plus probable ?
- \(E_1 = 4\) eV, \(E_2 = 4\) eV
- \(E_1 = 3\) eV, \(E_2 = 5\) eV
- \(E_1 = 5\) eV, \(E_2 = 3\) eV
- \(E_1 = 0\), \(E_2 = 8\) eV
Quand le nombre de particules des deux systèmes augmente, le pic de \(\Omega_0(E_1)\) :
- devient plus étroit (fluctuations relatives plus petites)
- devient plus large
- ne change pas de largeur
- disparaît
Définition de l'entropie dans ce cours :
- \(S = k\,\Omega\)
- \(S = k\ln\Omega\)
- \(S = \ln\Omega/k\)
- \(S = kT\ln\Omega\)
Un verre d'eau contient \(10^{24}\) molécules ayant chacune 10 états accessibles. Son entropie vaut environ :
- \(10^{24}\) J/K
- \(1{,}4\times10^{-23}\) J/K
- 32 J/K
- 3,2 J/K
Le deuxième principe affirme que pour un système isolé :
- \(\Delta S_0 \ge 0\), avec un maximum à l'équilibre
- \(\Delta S_0 \le 0\)
- \(S_0\) est constante
- \(S_0 = 0\) à l'équilibre
Définition de la température :
- \(T = \partial E/\partial S\) à \(p\) constant
- \(1/T = (\partial S/\partial E)_{V,N}\)
- \(T = kS\)
- \(T = E/(Nk)\)
Deux systèmes à \(V\) et \(N\) constants sont mis en contact thermique. À l'équilibre :
- \(E_1 = E_2\)
- \(S_1 = S_2\)
- \(T_1 = T_2\)
- \(\Omega_1 = \Omega_2\)
On ajoute 1 J de chaleur à un système à 295 K. Le nombre d'états accessibles est multiplié par :
- \(e^{\Delta Q/kT}\approx10^{10^{20}}\)
- \(e^{1}\approx2{,}7\)
- \(1 + 1/295\)
- \(10^{20}\)
Quelle grandeur mesure la chaleur nécessaire pour élever la température d'un kilogramme de substance de 1 K ?
- La capacité thermique \(C_y\) (J/K)
- La chaleur spécifique \(c\) (J/(kg K))
- La capacité thermique molaire (J/(mol K))
- L'entropie (J/K)
On chauffe 100 g d'eau (\(c = 4{,}19\) kJ/(kg K)) de 283 K à 368 K. La variation d'entropie vaut :
- \(mc\,(T_f - T_i) = 35{,}6\) kJ/K
- \(mc\,(T_f - T_i)/T_f = 97\) J/K
- \(mc\ln(T_f/T_i) = 110\) J/K
- 0, car la pression est constante
Pour un gaz parfait, la capacité thermique molaire à volume constant vaut :
- \(C_V = \frac{\nu}{2}R\)
- \(C_V = \frac{\nu+2}{2}R\)
- \(C_V = R\)
- \(C_V = \nu R\)
Le troisième principe affirme que :
- \(S\) diverge quand \(T\to0\)
- \(C_p\) est constante jusqu'à 0 K
- \(S(T)\) est indépendante de \(T\)
- \(S(T = 0\ \text{K}) = 0\) pour tout système
La capacité thermique molaire d'une substance vaut \(C = a\sqrt T\). Son entropie à la température \(T\) est :
- \(a\sqrt T\)
- \(2a\sqrt T\)
- \(a T^{3/2}\)
- \(a\ln T\)
Pourquoi la chaleur va-t-elle spontanément du corps chaud vers le corps froid ?
- Parce que l'énergie du corps chaud est plus grande
- Parce que le corps froid a plus d'états accessibles
- Parce que ce transfert augmente l'entropie totale (\(1/T_{froid} \gt 1/T_{chaud}\))
- Parce que \(C_p\) est plus grand pour le corps froid
Exercices à développement (à faire sur papier)
Exemples des diapos et exercices résolus en classe (17 septembre). Gardez les logarithmes pour les grands nombres et donnez les unités.
D1. Six et dix degrés de liberté
Le système 1 possède 6 degrés de liberté et le système 2 en possède 10. La somme des énergies vaut 5 eV, quantifiée par pas de 1 eV. Construire le tableau des nombres d'états \(\Omega_1\), \(\Omega_2\), \(\Omega_0\) et déterminer la distribution d'énergie la plus probable et sa probabilité.
Indice
\(\Omega\propto E^{N\nu/2}\) : \(\Omega_1\propto E_1^{3}\), \(\Omega_2\propto E_2^{5}\). Les constantes de proportionnalité disparaissent dans les probabilités.
Corrigé
- Pour \(E_1 = 0, 1, 2, 3, 4, 5\) eV : \(\Omega_1 \propto 0, 1, 8, 27, 64, 125\) ; \(E_2 = 5 - E_1\) donne \(\Omega_2\propto 3125, 1024, 243, 32, 1, 0\).
- \(\Omega_0 = \Omega_1\Omega_2 \propto 0,\ 1024,\ 1944,\ 864,\ 64,\ 0\) ; total \(3896\).
- Maximum pour \(E_1 = 2\) eV, \(E_2 = 3\) eV, soit exactement \(E_1^* = \frac{6}{16}\times5 = 1{,}9\) eV arrondi au pas de 1 eV ; probabilité \(1944/3896 = 0{,}50\).
(E₁, E₂) = (2 eV, 3 eV) avec P ≈ 50 %
D2. Soixante et cent degrés de liberté
Mêmes énergies qu'en D1, mais le système 1 possède 60 degrés de liberté et le système 2 en possède 100. Quelle est la distribution la plus probable et quelle fraction des états représente-t-elle ? Comparer à D1.
Corrigé
- \(\Omega_1\propto E_1^{30}\), \(\Omega_2\propto E_2^{50}\). \(E_1 = 1\) : \(1\times4^{50} = 1{,}27\times10^{30}\) ; \(E_1 = 2\) : \(2^{30}\times3^{50} = 1{,}07\times10^{9}\times7{,}18\times10^{23} = 7{,}71\times10^{32}\) ; \(E_1 = 3\) : \(3^{30}\times2^{50} = 2{,}06\times10^{14}\times1{,}13\times10^{15} = 2{,}32\times10^{29}\) ; \(E_1 = 4\) : \(4^{30} = 1{,}15\times10^{18}\).
- Total \(\approx 7{,}72\times10^{32}\) ; la répartition (2 eV, 3 eV) représente \(7{,}71/7{,}72 = 99{,}9\ \%\) des états.
(2 eV, 3 eV) avec P ≈ 99,9 % (contre 50 % avec 10 fois moins de ddl)
Avec \(10^{24}\) degrés de liberté, la probabilité de toute autre répartition est nulle à toutes fins pratiques : c'est ce qui fait de l'équilibre thermique un état parfaitement déterminé.
D3. Entropie d'un verre d'eau
Un verre d'eau contient \(10^{24}\) molécules. Chaque molécule peut avoir 10 états. Quelle est l'entropie du verre d'eau ? (Rappel : \(k = 1{,}38\times10^{-23}\) J/K, \(\ln 10 = 2{,}3\).)
Corrigé
S ≈ 32 J/K
D4. Un joule à 295 K
De combien de fois augmente-t-on le nombre d'états accessibles lorsqu'on ajoute 1 joule de chaleur à un système à 295 K ?
Corrigé
Ω_f/Ω_i = 10^(1,07 × 10²⁰)
D5. Chaleur d'une réaction A + B → C
Une réaction A + B → C se produit à 300 K. Les capacités thermiques molaires valent \(C_A = 5\sqrt T\), \(C_B = 8\sqrt T\) et \(C_C = 12\sqrt T\) (en J/(mol K) avec \(T\) en K). Combien de chaleur est évacuée ou absorbée par la réaction, par mole de C formée ?
Indice
\(S(T) = \int_0^T C\,dT'/T'\) avec \(S(0) = 0\) (3e principe) ; puis \(\Delta S = S_C - (S_A + S_B)\) et \(\Delta Q = T\Delta S\).
Corrigé
- \(S(T) = \int_0^T \dfrac{a\sqrt{T'}}{T'}dT' = a\int_0^T T'^{-1/2}dT' = 2a\sqrt T\). À 300 K, \(\sqrt{300} = 17{,}32\) : \(S_A = 2\times5\times17{,}32 = 173{,}2\) J/K, \(S_B = 2\times8\times17{,}32 = 277{,}1\) J/K, \(S_C = 2\times12\times17{,}32 = 415{,}7\) J/K.
- \(\Delta S = S_C - (S_A + S_B) = 415{,}7 - 450{,}3 = -34{,}6\) J/K.
- \(\Delta Q = T\Delta S = 300\times(-34{,}6) = -1{,}04\times10^4\) J.
ΔQ ≈ −10,4 kJ par mole de C : la réaction évacue de la chaleur (exothermique)
D6. Deux petits systèmes à l'équilibre
Deux systèmes \(A_1\) et \(A_2\) sont à l'équilibre thermique. Leurs nombres d'états sont \(\Omega_1 = (E_1/C)^{10}\) et \(\Omega_2 = (E_2/C)^{8}\), avec \(C = 10^{-23}\) J et \(E_0 = E_1 + E_2 = 10^{-18}\) J. (a) Combien de degrés de liberté a chaque système ? (b) Valeurs de \(E_1\) et \(E_2\) à l'équilibre ? (c) Entropie du système combiné à l'équilibre ? (d) Température du système combiné ?
Corrigé
- (a) \(\Omega\propto E^{N\nu/2}\) : \(N_1\nu_1/2 = 10\) → 20 ddl ; \(N_2\nu_2/2 = 8\) → 16 ddl.
- (b) \(\partial\Omega_0/\partial E_1 = 0\) donne \(\dfrac{10}{E_1} = \dfrac{8}{E_0 - E_1}\), soit \(E_1 = \dfrac{10}{18}E_0 = 5{,}56\times10^{-19}\) J et \(E_2 = 4{,}44\times10^{-19}\) J.
- (c) \(S_0 = k\ln(\Omega_1\Omega_2) = k\left[10\ln\dfrac{5{,}56\times10^{-19}}{10^{-23}} + 8\ln\dfrac{4{,}44\times10^{-19}}{10^{-23}}\right] = k\,[10\times10{,}93 + 8\times10{,}70] = 194{,}9\,k = 2{,}7\times10^{-21}\) J/K.
- (d) \(\dfrac1T = \dfrac{\partial S_1}{\partial E_1} = \dfrac{10k}{E_1}\) → \(T = \dfrac{E_1}{10k} = \dfrac{5{,}56\times10^{-19}}{1{,}381\times10^{-22}} = 4{,}0\times10^3\) K (on vérifie que \(E_2/(8k)\) donne la même valeur).
(a) 20 et 16 ddl | (b) 5,56 × 10⁻¹⁹ J et 4,44 × 10⁻¹⁹ J | (c) 2,7 × 10⁻²¹ J/K | (d) ≈ 4020 K
D7. L'océan Pacifique et le verre d'eau
(a) Quelle énergie thermique (en J) faut-il fournir à l'océan Pacifique (\(T = 4\) °C, \(V = 0{,}7\times10^9\) km³) pour doubler son nombre d'états accessibles ? (b) La réponse serait-elle différente pour un verre d'eau (20 cL) à 4 °C ?
Corrigé
- (a) On veut \(\Omega_f/\Omega_i = e^{\Delta Q/kT} = 2\), donc \(\Delta Q = kT\ln 2 = 1{,}381\times10^{-23}\times277\times0{,}693 = 2{,}65\times10^{-21}\) J.
- (b) La réponse est la même : le volume (et le nombre de molécules) n'intervient pas dans \(\Delta Q = kT\ln 2\). Doubler \(\Omega\) ne demande qu'une énergie de l'ordre de \(kT\), quelle que soit la taille du système.
(a) 2,65 × 10⁻²¹ J | (b) identique
D8. Dilatation d'un millimètre cube à énergie constante
Un système de volume 1 m³ possède \(10^{25}\) degrés de liberté. Sa température est fixée à 17 °C et son énergie interne \(E\) est constante ; la pression vaut \(10^5\) N/m². Le volume augmente de 1 mm³. (a) Le nombre d'états accessibles augmente-t-il ou diminue-t-il ? (b) Calculer cette variation.
Indice
Premier principe avec \(\Delta E = 0\) : la chaleur reçue compense le travail fourni \(p\Delta V\). Puis \(\Delta S = \Delta Q/T\).
Corrigé
- (a) \(\Delta E = \Delta Q - \Delta W = 0\) et le système fournit \(\Delta W = p\Delta V = 10^5\times10^{-9} = 10^{-4}\) J ; il doit donc recevoir \(\Delta Q = 10^{-4}\) J pour garder son énergie. \(\Delta S = \Delta Q/T \gt 0\) : le nombre d'états augmente.
- (b) \(\Delta S = \dfrac{10^{-4}}{290} = 3{,}45\times10^{-7}\) J/K ; \(\dfrac{\Omega_f}{\Omega_i} = e^{\Delta S/k} = e^{2{,}5\times10^{16}} = 10^{1{,}1\times10^{16}}\).
(a) il augmente | (b) Ω_f/Ω_i = 10^(1,1 × 10¹⁶)
Le nombre de degrés de liberté n'est pas nécessaire avec cette méthode : c'est la relation \(\Omega_f/\Omega_i = e^{\Delta Q/kT}\) qui fait tout le travail.
D9. \(C_V\) et \(C_p\) d'un gaz parfait
Un gaz parfait contient un nombre fixe \(N\) de molécules ; son énergie interne vaut \(E = \frac{\nu}{2}NkT\). En utilisant le premier principe et la loi des gaz parfaits, montrer que les capacités thermiques molaires sont (a) \(C_V = \frac{\nu}{2}R\) ; (b) \(C_p = C_V + R\), où \(R = kN_A\).
Corrigé
- Premier principe pour \(N\) fixe : \(dQ = dE + p\,dV\) avec \(dE = \frac{\nu}{2}Nk\,dT\).
- (a) À volume constant \(dV = 0\) : \(C_V = (dQ/dT)_V = \frac{\nu}{2}Nk\). Pour une mole \(N = N_A\) : \(C_V = \frac{\nu}{2}N_Ak = \frac{\nu}{2}R\).
- (b) À pression constante, \(pV = NkT\) donne \(p\,dV = Nk\,dT\), donc \(dQ = \frac{\nu}{2}Nk\,dT + Nk\,dT\) et \(C_p = C_V + Nk\) ; par mole \(C_p = C_V + R = \frac{\nu+2}{2}R\).
C_V = (ν/2)R ; C_p = C_V + R ; γ = C_p/C_V = (ν+2)/ν
Exercices suggérés du manuel (liste officielle du cours)
Énoncés paraphrasés en français d'après Stowe (chapitres 7 et 8). Les réponses des exercices impairs sont au dos du manuel (p. 540-541), celles des pairs viennent des corrigés du professeur.
Chapitre 7 - Entropie et deuxième principe
Trois et quatre degrés de liberté
Un système \(A_0\) est composé de \(A_1\) (3 ddl) et \(A_2\) (4 ddl). L'énergie vient par unités de 1 et l'énergie totale vaut 4. (a) Construire le tableau de \(\Omega_1\), \(\Omega_2\), \(\Omega_0\) pour les répartitions possibles. (b) Probabilité que \(E_1 = 3\), \(E_2 = 1\) ? (c) Répartition la plus probable et sa probabilité ?
Corrigé
\(\Omega_1\propto E_1^{3/2}\), \(\Omega_2\propto E_2^{2}\) :
| \(E_1\) | \(E_2\) | \(\Omega_1\) | \(\Omega_2\) | \(\Omega_0\) |
|---|---|---|---|---|
| 0 | 4 | 0 | 16 | 0 |
| 1 | 3 | 1 | 9 | 9 |
| 2 | 2 | 2,83 | 4 | 11,3 |
| 3 | 1 | 5,20 | 1 | 5,20 |
| 4 | 0 | 8 | 0 | 0 |
Total 25,5. (b) \(P(3,1) = 5{,}20/25{,}5 = 0{,}20\). (c) \((2,2)\) avec \(11{,}3/25{,}5 = 0{,}44\).
(b) 0,20 | (c) (2, 2), P = 0,44
Trois sous-systèmes
\(A_0\) est composé de trois sous-systèmes de 4, 5 et 6 ddl. L'énergie vient par unités de 1 et \(E_0 = E_1 + E_2 + E_3 = 4\). Avec \(\Omega = E^{N\nu/2}\) : (a) dresser le tableau de \(\Omega_1, \Omega_2, \Omega_3, \Omega_0\) pour les 15 répartitions ; (b) trouver la plus probable et sa probabilité.
Corrigé
\(\Omega_1 = E_1^{2}\), \(\Omega_2 = E_2^{5/2}\), \(\Omega_3 = E_3^{3}\). Toute répartition où l'un des \(E_i\) est nul donne \(\Omega_0 = 0\) ; il ne reste que trois répartitions non nulles : \((1,1,2)\) : \(1\times1\times8 = 8\) ; \((1,2,1)\) : \(1\times5{,}66\times1 = 5{,}66\) ; \((2,1,1)\) : \(4\times1\times1 = 4\). Total \(17{,}7\).
(1, 1, 2) avec P = 8/17,7 = 0,45 : le système qui a le plus de ddl reçoit le plus d'énergie
Répartition d'équilibre
Avec \(\Omega_0 = \Omega_1\Omega_2 = E_1^{m_1/2}(E_0 - E_1)^{m_2/2}\), où \(m = N\nu\) est le nombre de ddl, utiliser \(d\Omega_0/dE_1 = 0\) au maximum pour montrer qu'à l'équilibre \(E_1 = \dfrac{m_1}{m_1+m_2}E_0\). En quoi est-ce cohérent avec l'équipartition ?
Corrigé
Les solutions \(E_1 = 0\) et \(E_1 = E_0\) sont des minima ; le maximum annule le crochet : \(m_1(E_0 - E_1) = m_2E_1\), soit \(E_1 = \dfrac{m_1}{m_1+m_2}E_0\) et \(E_2 = \dfrac{m_2}{m_1+m_2}E_0\). Chaque système reçoit une fraction de l'énergie proportionnelle à son nombre de degrés de liberté : \(E_1/m_1 = E_2/m_2 = E_0/(m_1+m_2)\), la même énergie par degré de liberté (\(kT/2\)) dans les deux systèmes.
Détecter des fluctuations d'énergie
Un détecteur mesure les fluctuations d'énergie thermique d'un système à une partie par milliard près. (a) Combien de degrés de liberté aurait un système dont on pourrait tout juste détecter une fluctuation d'un écart type ? (b) Si c'est un solide à 6 ddl par atome, avec des atomes espacés de \(10^{-10}\) m, quel est son volume ? (c) Côté du cube correspondant, comparé au diamètre d'un cheveu (50 µm) ? (d) À 295 K, énergie thermique totale et plus petite fluctuation détectable (en J) ?
Corrigé
- (a) Fluctuation relative \(\sigma/\bar E \approx 1/\sqrt{N\nu}\) (cours 1) : \(10^{-9} = 1/\sqrt{N\nu}\) → \(N\nu \approx 10^{18}\) ddl.
- (b) \(N = 10^{18}/6\) atomes occupant chacun \((10^{-10})^3 = 10^{-30}\) m³ : \(V = 1{,}7\times10^{-13}\) m³.
- (c) \(V^{1/3} = 5{,}5\times10^{-5}\) m = 55 µm : la taille d'un cheveu.
- (d) \(E = N\nu\,kT/2 = 10^{18}\times1{,}381\times10^{-23}\times295/2 = 2{,}0\times10^{-3}\) J ; fluctuation détectable \(10^{-9}E = 2\times10^{-12}\) J.
(a) ~10¹⁸ ddl | (b) 1,7 × 10⁻¹³ m³ | (c) ≈ 55 µm | (d) 2 × 10⁻³ J et 2 × 10⁻¹² J
Deux petits systèmes
Deux petits systèmes en interaction ont \(\Omega_1 = 2\) et \(\Omega_2 = 4\). Calculer (a) \(\Omega_0\) ; (b) \(S_1\) et \(S_2\) ; (c) \(S_0\).
Corrigé
(a) \(\Omega_0 = 8\). (b) \(S_1 = k\ln 2 = 0{,}96\times10^{-23}\) J/K, \(S_2 = k\ln 4 = 1{,}91\times10^{-23}\) J/K. (c) \(S_0 = k\ln 8 = 2{,}87\times10^{-23}\) J/K \(= S_1 + S_2\).
8 | 0,96 × 10⁻²³ et 1,91 × 10⁻²³ J/K | 2,87 × 10⁻²³ J/K
Cinq petits systèmes
Cinq petits systèmes en interaction ont \(\Omega_1 = 1\), \(\Omega_2 = 2\), \(\Omega_3 = 3\), \(\Omega_4 = 4\), \(\Omega_5 = 5\). (a) Nombre d'états du système combiné ? (b) \(S_1\) à \(S_5\) en unités de \(k\) ? (c) Calculer \(S_0\) de deux façons.
Corrigé
(a) \(\Omega_0 = 1\times2\times3\times4\times5 = 120\). (b) \(S_i = k\ln i\) : \(0,\ 0{,}693k,\ 1{,}099k,\ 1{,}386k,\ 1{,}609k\). (c) \(S_0 = k\ln 120 = 4{,}79k = 6{,}6\times10^{-23}\) J/K ; la somme \(\sum k\ln i = k\ln(1\cdot2\cdot3\cdot4\cdot5)\) donne la même chose.
(a) 120 | (c) S₀ = 4,79 k = 6,6 × 10⁻²³ J/K
Énergie augmentée de 1 %
Un système possède \(6\times10^{24}\) degrés de liberté et son énergie interne augmente de 1 %. (a) De quel facteur le nombre d'états accessibles augmente-t-il ? (b) Quelle est l'augmentation d'entropie ?
Corrigé
(a) \(\Omega\propto E^{N\nu/2}\) : \(\dfrac{\Omega_f}{\Omega_i} = (1{,}01)^{3\times10^{24}} = 10^{3\times10^{24}\times\log_{10}1{,}01} = 10^{1{,}3\times10^{22}}\). (b) \(\Delta S = k\ln(\Omega_f/\Omega_i) = k\times3\times10^{24}\times\ln(1{,}01) = 1{,}381\times10^{-23}\times2{,}985\times10^{22} = 0{,}41\) J/K.
(a) 10^(1,3 × 10²²) | (b) 0,41 J/K
De l'entropie au nombre d'états
Combien d'états quantiques sont accessibles à un système dont l'entropie vaut (a) 1 J/K ; (b) 42 J/K ?
Corrigé
\(\Omega = e^{S/k}\). (a) \(e^{1/1{,}381\times10^{-23}} = e^{7{,}24\times10^{22}} = 10^{3{,}1\times10^{22}}\). (b) \(e^{42/1{,}381\times10^{-23}} = e^{3{,}04\times10^{24}} = 10^{1{,}3\times10^{24}}\).
(a) 10^(3,1 × 10²²) | (b) 10^(1,3 × 10²⁴)
Deux systèmes macroscopiques
Deux systèmes en interaction ont une énergie totale \(E_0 = E_1 + E_2 = 64\) J. Le système 1 a \(2\times10^{24}\) ddl et le système 2 \(6\times10^{24}\). Leurs nombres d'états sont \(\Omega = (E/C)^{n/2}\) avec \(C = 10^{-35}\) J et \(n = N\nu\). (a) Valeur de \(E_1\) à l'équilibre ? (b) Entropies des systèmes individuels et du système combiné à l'équilibre ?
Corrigé
- (a) \(E_1 = \dfrac{n_1}{n_1+n_2}E_0 = \dfrac{2}{8}\times64 = 16\) J, \(E_2 = 48\) J.
- (b) \(S_1 = k\dfrac{n_1}{2}\ln\dfrac{E_1}{C} = 1{,}381\times10^{-23}\times10^{24}\times\ln(1{,}6\times10^{36}) = 13{,}81\times83{,}4 = 1151\) J/K ; \(S_2 = 1{,}381\times10^{-23}\times3\times10^{24}\times\ln(4{,}8\times10^{36}) = 41{,}43\times84{,}5 = 3499\) J/K ; \(S_0 = S_1 + S_2 = 4650\) J/K.
(a) 16 J | (b) 1151 J/K, 3499 J/K, 4650 J/K
Un gaz monoatomique chauffé de 1 °C
Gaz parfait monoatomique de \(10^{26}\) atomes. (a) Énergie interne à 27 °C ? (b) Si la température augmente de 1 °C, de quel facteur le nombre d'états augmente-t-il ? (c) Augmentation d'entropie ?
Corrigé
- (a) \(E = \frac32NkT = 1{,}5\times10^{26}\times1{,}381\times10^{-23}\times300 = 6{,}2\times10^5\) J.
- (b) \(\Omega\propto E^{3N/2}\) : \(\left(\frac{301}{300}\right)^{1{,}5\times10^{26}} = 10^{1{,}5\times10^{26}\times1{,}446\times10^{-3}} = 10^{2{,}2\times10^{23}}\).
- (c) \(\Delta S = k\times1{,}5\times10^{26}\times\ln(301/300) = 6{,}9\) J/K ; vérification : \(\Delta S \approx \Delta Q/T = \frac32Nk\times1/300 = 6{,}9\) J/K.
(a) 6,2 × 10⁵ J | (b) 10^(2,2 × 10²³) | (c) 6,9 J/K
Chapitre 8 - Entropie et interactions thermiques
Deux petits systèmes
Voir l'exercice à développement D6 (résolu en classe).
Vingt joules à −20 °C
(a) On ajoute 20 J de chaleur à un système à −20 °C : variation d'entropie ? (b) De quel facteur le nombre d'états accessibles augmente-t-il ?
Corrigé
(a) \(\Delta S = \Delta Q/T = 20/253 = 0{,}079\) J/K. (b) \(\Omega_f/\Omega_i = e^{\Delta S/k} = e^{5{,}72\times10^{21}} = 10^{2{,}5\times10^{21}}\).
(a) 0,079 J/K | (b) 10^(2,5 × 10²¹)
L'océan Pacifique
Voir l'exercice à développement D7 (résolu en classe).
Un glaçon fond dans l'Atlantique
Un glaçon de \(10^{-2}\) kg à 0 °C fond dans l'Atlantique (eau à 10 °C), puis l'eau de fonte se réchauffe jusqu'à 10 °C. Chaleur latente de fusion 333 J/g, chaleur spécifique 4,18 J/(g K). Variation d'entropie (a) de l'eau du glaçon ; (b) de l'océan ; (c) facteur de variation du nombre d'états du système combiné ?
Corrigé
- (a) Deux contributions : la fusion à 273 K puis le réchauffement de 273 à 283 K. \(\Delta S_{glace} = \dfrac{333\times10}{273} + 10\times4{,}18\,\ln\dfrac{283}{273} = 12{,}20 + 1{,}50 = 13{,}7\) J/K.
- (b) L'océan cède \(Q = 3330 + 10\times4{,}18\times10 = 3748\) J à 283 K : \(\Delta S_{océan} = -3748/283 = -13{,}2\) J/K.
- (c) \(\Delta S_{total} = +0{,}5\) J/K \(\gt 0\) (processus irréversible) ; \(\Omega_f/\Omega_i = e^{0{,}5/k} = e^{3{,}3\times10^{22}} = 10^{1{,}5\times10^{22}}\).
(a) +13,7 J/K | (b) −13,2 J/K | (c) ≈ 10^(1,5 × 10²²)
Cent grammes d'eau
100 g d'eau sont chauffés de 10 °C à 95 °C. Avec \(c = 4{,}19\) J/(g K), quelle est l'augmentation d'entropie de l'eau ?
Corrigé
ΔS = 110 J/K
Dilatation d'un millimètre cube
Voir l'exercice à développement D8 (résolu en classe).
De la vapeur à 600 °C
1 m³ de vapeur est maintenu à 600 °C et 50 atm. De combien son volume doit-il augmenter pour que le nombre d'états accessibles soit multiplié par un milliard ?
Indice
À température (donc énergie interne) constante, la chaleur reçue égale le travail fourni \(p\Delta V\). Reliez \(\Delta S = k\ln 10^9\) à \(\Delta Q = T\Delta S\).
Corrigé
- \(\Delta S = k\ln(10^9) = 1{,}381\times10^{-23}\times20{,}7 = 2{,}86\times10^{-22}\) J/K.
- \(\Delta Q = T\Delta S = 873\times2{,}86\times10^{-22} = 2{,}5\times10^{-19}\) J.
- \(\Delta E = 0\) → \(p\Delta V = \Delta Q\) → \(\Delta V = \dfrac{2{,}5\times10^{-19}}{50\times1{,}013\times10^5} = 4{,}9\times10^{-26}\) m³.
ΔV ≈ 4,9 × 10⁻²⁶ m³ (le corrigé manuscrit du cours donne 2,47 × 10⁻²⁴ m³, ce qui correspond à une pression de 1 atm au lieu de 50 atm)
Un milliard paraît énorme, mais c'est un facteur dérisoire pour un système macroscopique : il suffit d'une variation de volume de l'ordre du volume d'une molécule.
Chauffer 0,24 kg de 295 K à 296 K
Calculer la variation d'entropie de 0,24 kg de chacune des substances suivantes chauffées de 295 K à 296 K (table 8.1) : (a) eau ; (b) or ; (c) marbre ; (d) bois.
Corrigé
\(\Delta S = mc\ln(296/295) = 0{,}24\times c\times3{,}38\times10^{-3}\) :
| Substance | \(c\) (J/(kg K)) | \(\Delta S\) (J/K) |
|---|---|---|
| Eau | 4190 | 3,4 |
| Or | 126 | 0,10 |
| Marbre | 880 | 0,71 |
| Bois | 1800 | 1,5 |
3,4 ; 0,10 ; 0,71 ; 1,5 J/K (le manuel arrondit le bois à 1,4 J/K)
L'eau est le meilleur réservoir d'énergie : c'est pourquoi les variations de température journalières et saisonnières sont plus grandes à l'intérieur des terres que sur les côtes (exercice 38).
Réaction 2A + 2B → C + D
On produit 1 mole de C à 300 K et pression atmosphérique par la réaction 2A + 2B → C + D. Les capacités thermiques molaires (J/(mol K)) valent \(C_A = 18{,}6\,(T/200)^{1/3}\), \(C_B = 15{,}7\,(T/200)^{1/3}\), \(C_C = 23{,}4\,(T/200)^{1/3}\), \(C_D = 39{,}7\,(T/200)^{1/3}\). Quelle chaleur est libérée ?
Corrigé
- Pour \(C = a\,(T/200)^{1/3}\) : \(S(T) = \int_0^T\frac{C}{T'}dT' = \frac{a}{200^{1/3}}\int_0^T T'^{-2/3}dT' = 3a\left(\frac{T}{200}\right)^{1/3}\). À 300 K : \((300/200)^{1/3} = 1{,}145\), donc \(S = 3{,}434\,a\).
- Bilan (2 moles de A et de B disparaissent, 1 mole de C et de D apparaissent) : \(\Delta S = 3{,}434\,(23{,}4 + 39{,}7 - 2\times18{,}6 - 2\times15{,}7) = 3{,}434\times(-5{,}5) = -18{,}9\) J/K.
- \(\Delta Q = T\Delta S = 300\times(-18{,}9) = -5{,}67\times10^3\) J.
ΔQ ≈ −5,7 kJ : réaction exothermique
Sublimation de la glace sèche
Le CO2 (masse molaire 44 g) a une chaleur latente de sublimation de 25 200 J/mol à 194,6 K. Dans le solide, chaque molécule a 6 ddl ; dans la vapeur, 5. Le travail moyen fourni par molécule pendant la sublimation est \(p\upsilon = kT\). (a) Variation du niveau de référence \(u_0\) du solide au gaz ? (b) Variation d'entropie par gramme ?
Indice
Bilan d'énergie par mole : \(L = \Delta E + W\) avec \(E = N(u_0 + \nu kT/2)\) et \(W = N_AkT\) (le gaz repousse l'atmosphère). Dans le gaz, \(u_0 = 0\).
Corrigé
- (a) \(L = N_A\left[(0 + \tfrac52kT) - (u_{0,s} + 3kT)\right] + N_AkT\) → \(-u_{0,s} = \dfrac{L}{N_A} + \tfrac12kT - kT = 4{,}18\times10^{-20} - 1{,}34\times10^{-21} = 4{,}05\times10^{-20}\) J. \(\Delta u_0 = +0{,}25\) eV (de \(-0{,}25\) eV dans le solide à 0 dans le gaz).
- (b) \(\Delta S = \dfrac{L}{T} = \dfrac{25200}{194{,}6} = 129{,}5\) J/(mol K), soit \(129{,}5/44 = 2{,}9\) J/(g K).
(a) Δu₀ ≈ +0,25 eV | (b) 2,9 J/(g K)
Même méthode que l'exercice 47 (fer), dont le manuel donne \(\Delta u_0 = +0{,}376\) eV et \(\Delta S = 0{,}136\) J/(g K).