Cours 7 - Chapitre 7 du cours

La statistique quantique

Stowe, chapitre 15 « Probabilities and microscopic behaviors » (p. 329 à 351) et chapitre 19 « Introduction to quantum statistics » (p. 401 à 421) | Diapos « Cours 7 » (26 pages) | Exercices faits en classe : 6 p. 344, 16 p. 345, 49 p. 350, 4 et 9 p. 416

Probabilité d'un étatFacteur de BoltzmannCas classique et cas quantiqueÉquipartitionFermions et bosonsNombre d'occupationLimite du cas classique

Fil conducteur : jusqu'ici on comptait les états d'un grand système. On retourne maintenant vers un petit système (une molécule, un seul état quantique) plongé dans un réservoir à la température \(T\). Toute la physique tient dans une exponentielle, \(e^{-\beta(\ldots)}\) avec \(\beta = 1/kT\) : la probabilité d'un état décroît exponentiellement avec ce qu'il coûte au réservoir.

0. D'où vient ce cours

Les chapitres 2 à 13 traitaient des systèmes à grand nombre d'éléments : nombre d'états \(\Omega\), entropie, température, processus. Le chapitre 15 du manuel retourne les mêmes outils vers un petit système qui échange de l'énergie (et parfois du volume ou des particules) avec un réservoir, et en déduit la probabilité de chacun de ses états. Deux façons de poser le problème : suivre une particule et demander dans quel état elle est (cas classique, statistique de Boltzmann), ou suivre un état et demander combien de particules il contient (cas quantique, chapitre 19 : fermions et bosons). La fin du cours montre quand les deux approches coïncident et quand il faut absolument la seconde.

Deux constantes à avoir en tête

\(k = 1{,}381\times10^{-23}\) J/K \(= 8{,}617\times10^{-5}\) eV/K. À 293 K, \(kT = 0{,}0253\) eV, soit environ 1/40 eV : c'est l'échelle d'énergie de l'agitation thermique. Un écart d'énergie de 1 eV correspond à \(kT\) pour \(T = 11\,600\) K.

1. Probabilité d'existence d'un état

1.1 Le réservoir paie la facture

Un petit système \(A_1\) (par exemple une molécule) est en contact avec un grand réservoir \(R\) de température \(T\), de pression \(p\) et de potentiel chimique \(\mu\). Pour être dans un état \(s\) donné, \(A_1\) doit prendre au réservoir une énergie \(\Delta E\), un volume \(\Delta V\) et un nombre de particules \(\Delta N\). Le petit système dans un état précis a \(\Omega = 1\) ; la probabilité de cet état est donc proportionnelle au nombre d'états qui restent au réservoir. Avec \(dS = (dE + p\,dV - \mu\,dN)/T\) (cours 3), l'entropie du réservoir passe de \(S_{R0}\) à

Entropie et nombre d'états du réservoir après le prélèvement
\[S_R = S_{R0} - \frac{\Delta E + p\,\Delta V - \mu\,\Delta N}{T}, \qquad \Omega_R = e^{S_R/k} = \exp\!\left(\frac{S_{R0}}{k} - \frac{\Delta E + p\,\Delta V - \mu\,\Delta N}{kT}\right)\]
Le réservoir est si grand que \(T\), \(p\) et \(\mu\) ne bougent pas. Le terme \(e^{S_{R0}/k}\) est le même pour tous les états de \(A_1\).
Probabilité qu'un petit système soit dans l'état \(s\) (équation générale du cours)
\[P_s = C\exp\!\left(-\frac{\Delta E + p\,\Delta V - \mu\,\Delta N}{kT}\right), \qquad \sum_s P_s = 1\]
\(C\) absorbe \(e^{S_{R0}/k}\) et normalise la somme des probabilités. Plus un état coûte cher au réservoir (énergie, volume, particules), moins il est probable, et cela de façon exponentielle. \(\mu\) étant en général négatif, prendre une particule coûte aussi.

1.2 Deux façons d'aborder un problème

Cas classique (statistique de Boltzmann)Cas quantique
Ce qu'on suitun ensemble fixé de particules (\(\Delta N = 0\)) qui peuvent être dans différents étatsun état donné (\(\Delta V = 0\)) qui peut contenir plusieurs particules, ou aucune
Quand l'utiliseréléments distincts ou identifiables, ou nombre d'éléments \(\ll\) nombre d'états : atomes et molécules des gaz, liquides, solidesnombre d'états comparable ou plus petit que le nombre de particules : électrons, trous, protons, photons, particules élémentaires
Question poséeprobabilité que la particule occupe l'état \(s\) : \(P_s = Ce^{-\beta\varepsilon_s}\)probabilité qu'il y ait \(n\) particules dans l'état : \(P_n = Ce^{-n\beta(\varepsilon - \mu)}\)
Grandeur utilerapport de probabilités, fraction excitéenombre d'occupation \(\bar n = \sum_n nP_n\)

1.3 Cas classique : le facteur de Boltzmann

Une particule (ou un groupe de particules) peut se retrouver dans l'un ou l'autre des états accessibles ; aucun échange de particules, donc \(\Delta N = 0\). L'énergie de l'état \(s\) est \(\varepsilon_s\) et son volume \(\upsilon_s\) : \(P_s = Ce^{-\beta(\varepsilon_s + p\upsilon_s)}\). Dans la quasi-totalité des cas, \(p\upsilon_s \ll \varepsilon_s\) (un volume atomique à la pression atmosphérique vaut \(10^{-5}\) eV) et il reste

Probabilité de Boltzmann et sa constante
\[P_s = Ce^{-\beta\varepsilon_s}, \qquad \beta = \frac{1}{kT}, \qquad C = \frac{1}{\sum_s e^{-\beta\varepsilon_s}}, \qquad \frac{P_i}{P_j} = e^{-\beta(\varepsilon_i - \varepsilon_j)}\]
La somme porte sur tous les états accessibles (pas sur les niveaux : un niveau dégénéré compte autant de fois qu'il a d'états). Le rapport \(P_i/P_j\) ne dépend que de la différence d'énergie : on peut mesurer les énergies depuis n'importe quel niveau de référence (ex. 24).
Exemples des diapos

Atome d'hydrogène, \(\varepsilon_0 = -13{,}6\) eV et \(\varepsilon_1 = -3{,}4\) eV, à 295 K : \(P_1/P_0 = e^{-\beta(10{,}2\ \text{eV})} = e^{-401}\), soit \(10^{-174}\). À température ambiante, l'hydrogène est dans son état fondamental. Pour avoir moitié moins d'atomes dans l'état 1 que dans l'état 0, il faudrait \(T = (\varepsilon_1 - \varepsilon_0)/(k\ln 2) = 1{,}7\times10^{5}\) K.

Niveaux régulièrement espacés

Si \(\varepsilon_n = n\varepsilon\) avec \(n = 0, 1, 2, \ldots\), la somme est géométrique : \(\sum_n e^{-n\beta\varepsilon} = 1/(1 - e^{-\beta\varepsilon})\), donc \(C = 1 - e^{-\beta\varepsilon}\), \(P_0 = C\) et \(P_n = Ce^{-n\beta\varepsilon}\). C'est le cas des exercices 6, 7 et 18 du chapitre 15 et de la vibration d'une molécule.

Quand \(p\,\Delta V\) compte quand même

Seulement sous des pressions extrêmes. Dans une étoile à neutrons, la combinaison électron + proton → neutron libère un volume atomique entier (\(6\times10^{-31}\) m³) contre un coût de 0,84 MeV : l'état « neutron » l'emporte dès que \(p\,V_H \gt \Delta E\), soit \(p \gt 2\times10^{17}\) Pa (ex. 4).

1.4 Cas quantique : un état, \(n\) particules

Un état accessible occupe un volume défini (\(\Delta V = 0\)) mais peut contenir différents nombres de particules. Mettre \(n\) particules d'énergie \(\varepsilon\) dans cet état coûte \(n\varepsilon\) en énergie et \(n\) particules au réservoir :

Probabilité d'avoir \(n\) particules dans un état
\[P_n = Ce^{-n\beta(\varepsilon - \mu)} = Ce^{-nx}, \qquad x = \beta(\varepsilon - \mu), \qquad C = \frac{1}{\sum_n e^{-nx}}\]
\(\varepsilon\) : énergie d'une particule dans cet état ; \(\mu\) : potentiel chimique du réservoir (en général négatif, voir le cours 3). La somme s'arrête au nombre maximal de particules que l'état peut contenir.
La constante \(C\) selon le type de particule
\[\text{fermions } (n = 0, 1) : C = \frac{1}{1 + e^{-x}} \qquad\qquad \text{bosons } (n = 0, 1, 2, \ldots,\ x \gt 0) : \sum_{n=0}^{\infty} e^{-nx} = \frac{1}{1 - e^{-x}} \ \Rightarrow\ C = 1 - e^{-x}\]
Dans les deux cas \(P_0 = C\) et \(P_1/P_0 = e^{-x}\). Pour les bosons la série ne converge que si \(\varepsilon \gt \mu\).
Exemples des diapos

Photon dans un four à 500 K, état de 0,1 eV, \(\mu = 0\) : \(P_0/P_1 = e^{\beta\varepsilon} = e^{2{,}32} = 10\). Électrons d'un métal, \(\mu = -2{,}03\) eV, état à \(-2\) eV qui contient 0 ou 1 électron (\(T = 300\) K, donc \(x = 0{,}03/0{,}0259 = 1{,}16\)) : \(C = 1/(1 + e^{-1{,}16}) = 0{,}76\) ; état vide \(P_0 = 0{,}76\), état plein \(P_1 = 0{,}24\).

1.5 Niveaux dégénérés, bandes et température d'excitation

Si plusieurs états ont la même énergie \(\varepsilon_s\) (niveau \(n_s\) fois dégénéré), la probabilité que le système ait cette énergie est la somme des probabilités de ces états :

Niveau dégénéré, rapport entre niveaux, bande d'états
\[P(\varepsilon_s) = n_sP_s, \qquad \frac{P(\varepsilon_i)}{P(\varepsilon_j)} = \frac{n_i}{n_j}e^{-\beta(\varepsilon_i - \varepsilon_j)}, \qquad P_{bande} = \sum_{s \in bande} n_sP_s = \int_{bande} g(\varepsilon)P(\varepsilon)\,d\varepsilon\]
\(g(\varepsilon)\) : densité d'états (nombre d'états par unité d'énergie). Une bande étroite devant \(kT\) se traite comme un seul niveau dégénéré.
Température d'excitation
\[T_e = \frac{\varepsilon_1 - \varepsilon_0}{k} \qquad\Rightarrow\qquad \frac{P_1}{P_0} = e^{-T_e/T}\]
Pour \(T \ll T_e\), le système est confiné à son état fondamental : le degré de liberté correspondant est « gelé » et ne peut stocker d'énergie.

C'est ce gel qui explique les capacités thermiques : \(C_V = \tfrac{\nu}{2}R\), mais \(\nu\) n'est pas constant. Pour un gaz diatomique, la translation s'excite dès \(10^{-20}\) K (dans une pièce), la rotation vers 5 à 50 K et la vibration vers 2000 à 10 000 K : \(\nu\) passe de 3 à 5 puis à 7 quand on franchit ces températures. Pour les solides (6 degrés de liberté, trois cinétiques et trois potentiels), \(C_V = 3R\) à température ambiante (loi de Dulong et Petit, cuivre 0,98 × 3R, aluminium 0,97 × 3R) puis chute à basse température ; plus le solide est rigide, plus \(T_e\) est élevée (le diamant n'atteint \(3R\) que vers 2000 K).

Réflexe d'examen

Toujours convertir en kelvins, calculer \(kT\) en eV (\(8{,}617\times10^{-5}\times T\)) puis l'exposant \(\Delta\varepsilon/kT\). Un exposant de 1 donne un rapport \(e^{-1} = 0{,}37\) ; de 5, \(6{,}7\times10^{-3}\) ; de 10, \(4{,}5\times10^{-5}\). Pour une fraction, ne pas oublier les dégénérescences, et ne pas confondre « la probabilité d'un état excité » avec « la probabilité d'être excité » (somme sur tous les états excités).

2. L'équipartition

Le calcul statistique donne l'énergie moyenne d'un degré de liberté d'un système classique. Pour une particule libre selon un axe, \(\varepsilon = \tfrac{1}{2}mv^2\) ; plus généralement l'énergie stockée dans un degré de liberté a la forme \(\varepsilon = b\xi^2\) où \(\xi\) est une coordonnée de position ou de quantité de mouvement. L'énergie moyenne est \(\bar\varepsilon = \sum_s P_s\varepsilon_s\), et pour un continuum d'états la somme devient une intégrale :

Énergie moyenne par degré de liberté quadratique
\[\bar\varepsilon = \frac{\displaystyle\int_{-\infty}^{+\infty} e^{-\beta b\xi^2}\,b\xi^2\,d\xi}{\displaystyle\int_{-\infty}^{+\infty} e^{-\beta b\xi^2}\,d\xi} = \frac{1}{2\beta} = \frac{1}{2}kT\]
Le numérateur s'intègre par parties et redonne \(\frac{1}{2\beta}\) fois le dénominateur (ex. 47). Si l'énergie vaut \(b|\xi|^{\alpha}\), le même calcul donne \(\bar\varepsilon = kT/\alpha\) (ex. 48) : le \(\tfrac{1}{2}\) vient de l'exposant 2.

On retrouve le théorème d'équipartition du cours 2, cette fois démontré. Une particule libre en trois dimensions a trois degrés de liberté de translation :

Vitesse quadratique moyenne et mouvement brownien
\[\bar\varepsilon_{trans} = \tfrac{1}{2}m\overline{v^2} = \tfrac{3}{2}kT \qquad\Rightarrow\qquad v_{rms} = \sqrt{\overline{v^2}} = \sqrt{\frac{3kT}{m}}\]
Une particule confinée à une surface n'a que deux degrés de liberté : \(v_{rms} = \sqrt{2kT/m}\). Cette agitation existe pour toute particule, de l'électron au grain de poussière, mais n'est visible qu'aux petites masses : N₂ à 20 °C, 508 m/s ; grain de \(10^{-11}\) kg dans l'eau glacée, \(3\times10^{-5}\) m/s. Robert Brown l'a observée au microscope en 1827 sur des spores à la surface de l'eau.

3. Les fermions et les bosons

3.1 Le nombre d'occupation

Dans le cas quantique, le nombre moyen de particules dans un état d'énergie \(\varepsilon\) s'obtient en moyennant \(n\) avec les probabilités \(P_n\). L'astuce des diapos : \(ne^{-nx} = -\partial(e^{-nx})/\partial x\), ce qui transforme la somme pondérée en dérivée d'un logarithme.

Nombre d'occupation d'un état
\[\bar n = \sum_n nP_n = \frac{\sum_n ne^{-nx}}{\sum_n e^{-nx}} = -\frac{\partial}{\partial x}\ln\!\left(\sum_n e^{-nx}\right), \qquad x = \beta(\varepsilon - \mu)\]
Tout dépend de la somme \(\sum_n e^{-nx}\), c'est-à-dire du nombre maximal de particules que l'état peut contenir. La nature n'offre que deux possibilités pour les particules élémentaires.

3.2 Les fermions

Une seule particule à la fois peut occuper un état (principe d'exclusion de Pauli ; spin demi-entier : électron, trou, positron, proton, neutron, muon). La somme n'a que deux termes :

Statistique de Fermi-Dirac
\[\sum_{n=0}^{1} e^{-nx} = 1 + e^{-x} \qquad\Rightarrow\qquad \bar n_{fermions} = -\frac{\partial}{\partial x}\ln(1 + e^{-x}) = \frac{1}{e^{x} + 1} = \frac{1}{e^{\beta(\varepsilon - \mu)} + 1}\]
Toujours entre 0 et 1. À \(\varepsilon = \mu\), \(\bar n = 1/2\) quelle que soit la température. À \(T \to 0\) : tous les états sous \(\mu\) sont pleins, tous ceux au-dessus sont vides (marche). À \(T\) plus élevée la marche s'adoucit sur une largeur de quelques \(kT\).

3.3 Les bosons

Un nombre quelconque de particules peut occuper le même état (spin entier : photon, particule α, deutéron, atome d'hélium 4, méson π). La somme est une série géométrique, qui ne converge que pour \(x \gt 0\) :

Statistique de Bose-Einstein
\[\sum_{n=0}^{\infty} e^{-nx} = \frac{1}{1 - e^{-x}} \qquad\Rightarrow\qquad \bar n_{bosons} = -\frac{\partial}{\partial x}\ln\!\left(\frac{1}{1 - e^{-x}}\right) = \frac{1}{e^{x} - 1} = \frac{1}{e^{\beta(\varepsilon - \mu)} - 1}\]
Peut dépasser 1 et diverge quand \(\varepsilon \to \mu\) : le potentiel chimique d'un système de bosons est toujours sous l'énergie de l'état le plus bas (pour les photons, \(\mu = 0\)).
Les deux statistiques en une formule, et leurs fluctuations
\[\bar n = \frac{1}{e^{\beta(\varepsilon - \mu)} \pm 1} \quad (+ \text{ fermions}, - \text{ bosons}), \qquad \sigma^2 = \overline{n^2} - \bar n^2 = \bar n(1 \mp \bar n)\]
Fermions : fluctuations faibles sauf près de \(\mu\) (où \(\bar n \approx 1/2\)). Bosons : \(\sigma^2 = \bar n(1 + \bar n) \gt \bar n\), les fluctuations dépassent la valeur moyenne. Le nombre d'occupation ne dit rien sur l'existence des états : il faut aussi connaître le spectre d'états accessibles (cours 8).
D'autres règles d'occupation

La formule \(\bar n = -\partial_x\ln\sum e^{-nx}\) marche pour n'importe quelle règle. Des « goofions » qui admettent 0, 1 ou 2 particules par état donnent \(\sum = 1 + e^{-x} + e^{-2x}\) et \(\bar n = (e^{-x} + 2e^{-2x})/(1 + e^{-x} + e^{-2x})\) (ex. 9) ; une molécule qui fixe de 0 à \(m\) groupes identiques (oxygène sur l'hémoglobine) se traite de la même façon.

4. Comparaison des cas classique et quantique

4.1 Hautes énergies : les trois statistiques coïncident

Dans le cas classique, le nombre moyen de particules dans l'état \(s\) est le nombre de particules fois la probabilité d'y être : \(\bar n_{classique} = NP_s = NCe^{-\beta\varepsilon_s}\) avec \(C = 1/\sum_s e^{-\beta\varepsilon_s}\). Dans le cas quantique, pour les grandes énergies, \(e^{\beta(\varepsilon - \mu)} \gg 1\) et le \(\pm 1\) du dénominateur devient négligeable :

Limite des hautes énergies (faibles occupations)
\[\bar n_{quantique} = \frac{1}{e^{\beta(\varepsilon - \mu)} \pm 1} \approx e^{-\beta(\varepsilon - \mu)} = e^{\beta\mu}e^{-\beta\varepsilon}, \qquad N = \sum_s \bar n_s \approx e^{\beta\mu}\sum_s e^{-\beta\varepsilon_s} \ \Rightarrow\ e^{\beta\mu} = \frac{N}{\sum_s e^{-\beta\varepsilon_s}} = NC\]
En réinjectant \(e^{\beta\mu} = NC\), on retrouve exactement \(\bar n_{classique}\) : \(\bar n_{classique} \approx \bar n_{bosons} \approx \bar n_{fermions} \approx e^{-\beta(\varepsilon - \mu)}\) pour \(\varepsilon - \mu \gg kT\). Cela donne aussi le potentiel chimique d'un système dilué : \(\mu = kT\ln(N/\sum_s e^{-\beta\varepsilon_s})\).

4.2 Basses énergies : elles diffèrent

Ordre des nombres d'occupation à basse énergie
\[\frac{1}{e^{\beta(\varepsilon - \mu)} - 1} \gt e^{-\beta(\varepsilon - \mu)} \gt \frac{1}{e^{\beta(\varepsilon - \mu)} + 1} \qquad\Rightarrow\qquad \bar n_{bosons} \gt \bar n_{classique} \gt \bar n_{fermions}\]
Valable dès que \(\varepsilon - \mu\) n'est plus grand devant \(kT\), c'est-à-dire pour les états fortement occupés.

4.3 Pourquoi : le comptage des configurations

Deux particules dans deux états : avec des particules distinctes ①② il y a 4 configurations (2 à occupation simple, 2 à occupation double). Si les particules sont identiques, la correction classique divise par \(N! = 2\) et prédit 1 et 1. Mais les bosons identiques ont 1 configuration simple et 2 doubles (●|● ; ●●|- ; -|●●), et les fermions 1 configuration simple et 0 double. Trois particules dans trois états : 27 configurations distinctes (6 simples, 18 doubles, 3 triples), correction classique 1, 3 et 1/2, bosons 1, 6 et 3, fermions 1, 0 et 0.

OccupationParticules distinctes \(\Omega_D\)Classique corrigé \(\Omega_D/N!\)BosonsFermions
2 particules, 2 états : simple2111
2 particules, 2 états : double2120
3 particules, 3 états : simple6111
3 particules, 3 états : double18360
3 particules, 3 états : triple31/230
3 particules, 3 états : total274,5101

La correction classique \(1/N!\) est exacte pour l'occupation simple, mais elle sous-estime le nombre de configurations à occupation multiple des bosons et le surestime pour les fermions (qui n'en ont aucune). Dans un vrai système (\(10^{24}\) particules), ce sont les états de basse énergie, fortement occupés, qui portent cette différence : plus de particules par état pour les bosons, moins pour les fermions.

Formules générales de comptage (complément)

\(n\) particules dans \(m\) états : distinctes \(\Omega_D = m^n\) ; classique corrigé \(m^n/n!\) ; bosons identiques \(C_{n+m-1}^{\,n}\) (répartir \(n\) objets identiques dans \(m\) boîtes) ; fermions identiques \(C_m^{\,n}\) (choisir \(n\) états distincts), nul si \(n \gt m\).

5. Limite du cas classique

L'approche classique est bonne tant qu'il est peu probable que deux particules identiques essaient d'occuper le même état, donc tant que le nombre d'états quantiques est très supérieur au nombre de particules. Chaque état occupe un volume \(h^3\) dans l'espace des phases (position × quantité de mouvement, cours 2) :

Critère de validité de la statistique classique
\[\frac{V_rV_p}{h^3} \gg N, \qquad V_r \approx Nr^3,\ V_p \approx p^3 \quad\Rightarrow\quad \frac{r^3p^3}{h^3} \gg 1 \quad\Rightarrow\quad \frac{rp}{h} \gg 1, \qquad r \approx \left(\frac{V}{N}\right)^{1/3},\ p \approx \sqrt{3mkT}\]
\(r\) : distance moyenne entre particules ; \(p\) : quantité de mouvement thermique (\(p^2/2m \approx \tfrac{3}{2}kT\)). Autrement dit, la distance entre particules doit être grande devant la longueur d'onde de de Broglie \(h/p\). Le critère ne dépend ni de la charge ni des interactions, seulement de \(m\), de la densité et de \(T\).
Ordres de grandeur
  • N₂ de l'air (1 atm, 293 K, \(N/V = p/kT = 2{,}5\times10^{25}\) m⁻³, \(r = 3{,}4\) nm) : \(rp/h = 120\), classique. Il faudrait descendre vers 0,02 K à cette densité pour que les deux nombres se rejoignent (ex. 25).
  • Électrons de conduction du cuivre (\(8{,}4\times10^{28}\) m⁻³, \(r = 2{,}3\times10^{-10}\) m) : \(rp/h = 0{,}04\) à 298 K et 0,2 à 10 000 K. Toujours quantiques : la masse de l'électron est trop petite (ex. 26). Les atomes de cuivre, 115 000 fois plus lourds, donnent 12 : classiques.
  • Électrons d'une naine blanche à \(10^{9}\) K : dégénérés dès \(N/V \gt 2{,}5\times10^{34}\) m⁻³ (ex. 24). Nucléons d'un noyau (\(r = 2{,}6\times10^{-15}\) m) : non dégénérés seulement au-delà de \(10^{12}\) K (ex. 28).

6. Le potentiel chimique (complément du chapitre 19)

Toutes les formules quantiques contiennent \(\mu\). Sa valeur est fixée par le nombre total de particules : \(N = \sum_s \bar n_s = \sum_s 1/(e^{\beta(\varepsilon_s - \mu)} \pm 1)\), équation implicite qu'on sait résoudre dans deux limites. À faible densité (cas classique), \(\mu = kT\ln(N/\sum_s e^{-\beta\varepsilon_s})\), très négatif. À forte densité (système dégénéré), les bosons s'entassent tous dans l'état le plus bas, \(N = 1/(e^{-\beta\mu} - 1)\), d'où \(\mu \approx -kT/N\), juste sous le fondamental ; les fermions remplissent les \(N\) états les plus bas jusqu'à la surface de Fermi, \(\mu_{T=0} = \varepsilon_F\), et comme \(N\) fermions occupent un volume \(Nh^3\) de l'espace des phases, \(p_F \approx h(N/V)^{1/3}\) et

Énergie de Fermi d'un gaz de fermions dégénéré (estimation grossière)
\[\varepsilon_F = \frac{p_F^2}{2m} \approx \frac{h^2}{2m}\left(\frac{N}{V}\right)^{2/3}\]
Électrons du cuivre : environ 28 eV avec cette estimation (7 eV avec le calcul complet du cours 9), soit des températures équivalentes de \(10^{5}\) K. Plus la densité est élevée, plus la surface de Fermi est haute. Suite au cours 8 (gaz quantiques, corps noir) et au cours 9 (électrons dans les solides).

7. À retenir

Quiz rapide - Cours 7

Une seule bonne réponse par question. Cliquez pour vérifier immédiatement.

D'où vient l'exponentielle de \(P_s = C\exp[-(\Delta E + p\Delta V - \mu\Delta N)/kT]\) ?

  • De la loi des gaz parfaits
  • Du nombre d'états qui restent au réservoir, \(\Omega_R = e^{S_R/k}\), après que le petit système lui a pris \(\Delta E\), \(\Delta V\), \(\Delta N\)
  • D'une hypothèse sur la forme des états du petit système
  • Du théorème d'équipartition
Le petit système dans un état précis a \(\Omega = 1\) ; sa probabilité est proportionnelle aux états restants du réservoir, dont l'entropie a baissé de \((\Delta E + p\Delta V - \mu\Delta N)/T\).

Dans le cas classique (statistique de Boltzmann), qu'est-ce qui est fixé ?

  • L'état : on compte combien de particules il contient
  • Le volume de chaque état
  • L'ensemble des particules (\(\Delta N = 0\)) : on cherche dans quel état elles sont
  • La température du petit système
Classique : on suit des particules fixées entre différents états, \(P_s = Ce^{-\beta\varepsilon_s}\). Quantique : on suit un état donné (\(\Delta V = 0\)) et \(n\) varie.

Que vaut \(kT\) à 290 K ?

  • Environ 0,025 eV
  • Environ 0,25 eV
  • Environ 2,5 eV
  • Environ 25 eV
\(kT = 8{,}617\times10^{-5}\times290 = 0{,}025\) eV, le fameux « 1/40 d'électronvolt ».

Deux états séparés de 0,1 eV à 290 K : le rapport de probabilités \(P_{haut}/P_{bas}\) vaut

  • \(e^{-0{,}4} \approx 0{,}67\)
  • \(e^{-4} \approx 0{,}018\)
  • \(e^{-40} \approx 4\times10^{-18}\)
  • exactement 0,1
\(\Delta\varepsilon/kT = 0{,}1/0{,}025 = 4\), donc \(P_{haut}/P_{bas} = e^{-4} = 0{,}018\).

Une molécule a un niveau fondamental non dégénéré et un niveau excité trois fois dégénéré. La probabilité d'être au niveau excité vaut

  • \(Ce^{-\beta\Delta\varepsilon}\)
  • \(3C\)
  • \(3Ce^{-\beta\Delta\varepsilon}\) avec \(C = 1/(1 + 3e^{-\beta\Delta\varepsilon})\)
  • \(e^{-3\beta\Delta\varepsilon}\)
\(P(\varepsilon_s) = n_sP_s\) : trois états à la même énergie, chacun de probabilité \(Ce^{-\beta\Delta\varepsilon}\), et \(C\) normalise sur les quatre états.

La température d'excitation \(T_e = (\varepsilon_1 - \varepsilon_0)/k\) d'une vibration moléculaire vaut 3000 K. À 300 K, cette vibration

  • stocke \(\tfrac{1}{2}kT\) par degré de liberté comme les autres
  • stocke \(kT\) (cinétique + potentiel)
  • est excitée dans un tiers des molécules
  • est gelée : presque aucune molécule n'est excitée et \(C_V\) ne compte pas ces degrés de liberté
\(P_1/P_0 = e^{-T_e/T} = e^{-10} = 4{,}5\times10^{-5}\). C'est pourquoi \(\nu = 5\) et non 7 pour N₂ ou O₂ à température ambiante.

L'équipartition donne \(\tfrac{1}{2}kT\) par degré de liberté. Si l'énergie d'un degré de liberté est \(b|\xi|^{4}\), son énergie moyenne vaut

  • \(2kT\)
  • \(\tfrac{1}{4}kT\)
  • \(\tfrac{1}{2}kT\) quand même
  • \(4kT\)
Pour \(\varepsilon = b|\xi|^{\alpha}\), le même calcul (intégration par parties) donne \(kT/\alpha\). Le \(\tfrac{1}{2}\) habituel vient de l'exposant 2.

Quelle est la vitesse quadratique moyenne d'une molécule de N₂ (\(4{,}7\times10^{-26}\) kg) à 293 K ?

  • Environ 500 m/s
  • Environ 50 m/s
  • Environ 5000 m/s
  • Environ 5 m/s
\(v_{rms} = \sqrt{3kT/m} = \sqrt{3\times1{,}381\times10^{-23}\times293/4{,}7\times10^{-26}} = 508\) m/s.

Pour un état de fermions situé exactement à \(\varepsilon = \mu\), le nombre d'occupation vaut

  • 0
  • 1
  • 1/2, quelle que soit la température
  • \(kT/\mu\)
\(\bar n = 1/(e^{0} + 1) = 1/2\). La température ne change que la largeur de la transition autour de \(\mu\).

Pourquoi le potentiel chimique d'un gaz de bosons doit-il être inférieur à l'énergie de l'état le plus bas ?

  • Parce que les bosons ont un spin entier
  • Parce que \(\bar n = 1/(e^{\beta(\varepsilon - \mu)} - 1)\) diverge à \(\varepsilon = \mu\) et serait négatif en dessous
  • Parce que \(C = 1 - e^{-x}\) doit être supérieur à 1
  • Ce n'est pas nécessaire, seulement pratique
La série \(\sum e^{-nx}\) ne converge que pour \(x \gt 0\). Pour les photons, \(\mu = 0\) et l'état fondamental a une énergie qui tend vers 0.

Les fluctuations du nombre de particules dans un état, \(\sigma^2 = \bar n(1 \mp \bar n)\) :

  • sont nulles pour les bosons
  • sont maximales pour les fermions quand \(\bar n \approx 1\)
  • sont les mêmes pour les deux statistiques
  • sont faibles pour les fermions sauf près de \(\mu\), et dépassent \(\bar n\) pour les bosons
Fermions : \(\bar n(1 - \bar n)\), maximal à \(\bar n = 1/2\), nul à 0 et 1. Bosons : \(\bar n(1 + \bar n) \gt \bar n\).

Pour un état d'énergie très supérieure à \(\mu\) (\(\varepsilon - \mu \gg kT\)), les nombres d'occupation classique, bosons et fermions

  • sont tous à peu près égaux à \(e^{-\beta(\varepsilon - \mu)}\)
  • valent tous 1/2
  • diffèrent d'un facteur 2
  • sont tous égaux à 1
Le \(\pm 1\) du dénominateur devient négligeable devant \(e^{\beta(\varepsilon - \mu)}\), et \(e^{\beta\mu} = N/\sum e^{-\beta\varepsilon_s}\) redonne exactement \(NP_s\).

Pour des états de basse énergie (fortement occupés), quel est l'ordre correct ?

  • \(\bar n_{fermions} \gt \bar n_{classique} \gt \bar n_{bosons}\)
  • \(\bar n_{classique} \gt \bar n_{bosons} \gt \bar n_{fermions}\)
  • \(\bar n_{bosons} \gt \bar n_{classique} \gt \bar n_{fermions}\)
  • Les trois sont égaux
\(1/(e^x - 1) \gt e^{-x} \gt 1/(e^x + 1)\). Les bosons ont plus de configurations à occupation multiple que le comptage classique corrigé, les fermions n'en ont aucune.

Deux bosons identiques dans deux états : combien d'arrangements différents ?

  • 4
  • 3
  • 2
  • 1
●|●, ●●|-, -|●● : trois arrangements (\(C_{3}^{\,2} = 3\)). Particules distinctes : 4 ; classique corrigé : 2 ; fermions : 1.

Le critère \(rp/h \gg 1\) de validité de la statistique classique signifie que

  • la pression est faible
  • les particules n'interagissent pas
  • la température est supérieure à la température d'excitation
  • la distance entre particules est grande devant leur longueur d'onde de de Broglie \(h/p\), donc il y a beaucoup plus d'états que de particules
\(V_rV_p/h^3 \gg N\) : le nombre d'états quantiques dans l'espace des phases doit dépasser largement le nombre de particules.

Lequel de ces systèmes ne peut pas être traité par la statistique classique à température ambiante ?

  • Les molécules d'azote de l'air
  • Les électrons de conduction du cuivre
  • Les atomes de cuivre du métal
  • Les molécules d'eau liquide
Électrons du cuivre : \(rp/h \approx 0{,}04\) (masse minuscule, densité élevée). Azote : 120, atomes de cuivre : 12, eau : 9.

Exercices à développement (à faire sur papier)

Exemples des diapos et exercices faits en classe (fichier « Lundi - Exercices cours 7 » : 6 p. 344, 16 p. 345, 49 p. 350, 4 et 9 p. 416). Les valeurs ont été recalculées ; les écarts avec les corrigés du professeur sont signalés.

Diapo 9 - Ex. 1 et 2Cas classique

D1. L'atome d'hydrogène à 295 K

Les deux premiers états d'énergie de l'atome d'hydrogène sont \(\varepsilon_0 = -13{,}6\) eV et \(\varepsilon_1 = -3{,}4\) eV. (a) Quel est le rapport de probabilité d'occupation \(P_1/P_0\) à 295 K ? (b) À quelle température trouverait-on moitié moins d'atomes dans l'état 1 que dans l'état 0 ?

Indice

Le rapport ne dépend que de la différence d'énergie : \(P_1/P_0 = e^{-\beta(\varepsilon_1 - \varepsilon_0)}\). Travailler avec \(k = 8{,}617\times10^{-5}\) eV/K.

Corrigé
  1. (a) \(\varepsilon_1 - \varepsilon_0 = 10{,}2\) eV et \(kT = 8{,}617\times10^{-5}\times295 = 0{,}0254\) eV, donc \(\beta(\varepsilon_1 - \varepsilon_0) = 401\) : \(P_1/P_0 = e^{-401} = 10^{-174}\). Aucun atome excité thermiquement à température ambiante.
  2. (b) \(e^{-\beta\Delta\varepsilon} = 1/2 \Rightarrow \beta\Delta\varepsilon = \ln 2 \Rightarrow T = \Delta\varepsilon/(k\ln 2) = 10{,}2/(8{,}617\times10^{-5}\times0{,}693) = 1{,}7\times10^{5}\) K.

(a) \(e^{-401} \approx 10^{-174}\) | (b) \(1{,}7\times10^{5}\) K

Diapo 12 - Ex. 1Cas quantique, bosons

D2. Un état de photon dans un four

L'énergie d'un état quantique de photon dans un four à 500 K est 0,1 eV. Quelle est la chance de trouver zéro photon dans cet état comparativement à celle d'en trouver un ? Le potentiel chimique d'un photon est nul.

Indice

\(P_n = Ce^{-n\beta(\varepsilon - \mu)}\) ; le rapport \(P_0/P_1\) ne demande pas \(C\).

Corrigé
  1. \(kT = 8{,}617\times10^{-5}\times500 = 0{,}0431\) eV ; \(x = \beta(\varepsilon - \mu) = 0{,}1/0{,}0431 = 2{,}32\).
  2. \(P_0/P_1 = Ce^{0}/(Ce^{-x}) = e^{x} = e^{2{,}32} = 10{,}2\).
  3. Pour aller plus loin : \(C = 1 - e^{-x} = 0{,}902\), \(P_0 = 0{,}902\), \(P_1 = 0{,}089\), et le nombre d'occupation \(\bar n = 1/(e^{x} - 1) = 0{,}109\).

\(P_0/P_1 = e^{2{,}32} \approx 10\)

Diapo 12 - Ex. 2Cas quantique, fermions

D3. Un état électronique dans un métal

Des électrons dans un métal ont un potentiel chimique \(\mu = -2{,}03\) eV. Un état quantique de ce métal a une énergie de \(-2\) eV et peut contenir zéro ou un électron. Quelles sont les probabilités que cet état soit vide ou plein ? (Prendre \(T = 300\) K, valeur implicite de la diapo.)

Indice

Il faut d'abord \(C\) : deux termes seulement dans la somme (\(n = 0\) et \(n = 1\)).

Corrigé
  1. \(\varepsilon - \mu = 0{,}03\) eV ; \(kT = 0{,}0259\) eV ; \(x = 1{,}16\).
  2. \(C = 1/\sum_{n=0}^{1} e^{-nx} = 1/(1 + e^{-1{,}16}) = 1/1{,}313 = 0{,}76\).
  3. État vide : \(P_0 = C = 0{,}76\) ; état plein : \(P_1 = Ce^{-x} = 0{,}24\). Vérification : \(P_1\) est aussi le nombre d'occupation \(1/(e^{1{,}16} + 1) = 0{,}24\).

\(P_0 = 0{,}76\), \(P_1 = 0{,}24\)

Diapo 15 - Ex. 1Équipartition

D4. Vitesse quadratique moyenne en trois dimensions

Trouver la vitesse quadratique moyenne de particules libres de se déplacer en translation selon les trois directions, puis l'appliquer à une molécule de N₂ (\(4{,}7\times10^{-26}\) kg) et à un électron libre, tous deux à 293 K.

Indice

Trois degrés de liberté quadratiques, \(\tfrac{1}{2}kT\) chacun.

Corrigé
  1. \(\bar\varepsilon_{trans} = \tfrac{1}{2}m\overline{v^2} = 3\times\tfrac{1}{2}kT\), donc \(v_{rms} = \sqrt{\overline{v^2}} = \sqrt{3kT/m}\).
  2. N₂ : \(3kT = 3\times1{,}381\times10^{-23}\times293 = 1{,}21\times10^{-20}\) J ; \(v_{rms} = \sqrt{1{,}21\times10^{-20}/4{,}7\times10^{-26}} = 508\) m/s.
  3. Électron : \(v_{rms} = \sqrt{1{,}21\times10^{-20}/9{,}11\times10^{-31}} = 1{,}15\times10^{5}\) m/s. (Dans un métal, les électrons sont dégénérés et vont en fait beaucoup plus vite, cours 9.)

\(v_{rms} = \sqrt{3kT/m}\) : 508 m/s pour N₂, \(1{,}2\times10^{5}\) m/s pour un électron classique

Diapos 24 et 25 - Ex. 1 et 2Comptage des configurations

D5. Deux particules dans deux états, trois particules dans trois états

Construire le tableau du nombre de configurations (occupation simple, double, triple) pour (a) deux particules dans deux états, (b) trois particules dans trois états, dans les cas : particules distinctes, correction classique \(\Omega_D/N!\), bosons identiques, fermions identiques. Conclure sur le sens de l'inégalité \(\bar n_{bosons} \gt \bar n_{classique} \gt \bar n_{fermions}\).

Indice

Dessiner les cases. Pour des particules identiques, deux dessins qui ne diffèrent que par l'échange des étiquettes sont le même arrangement.

Corrigé
  1. (a) Distinctes : ①|②, ②|①, ①②|-, -|①② : 2 simples et 2 doubles, \(\Omega_D = 4\). Classique corrigé : \(4/2! = 2\), soit 1 et 1. Bosons : ●|●, ●●|-, -|●● : 1 simple et 2 doubles (3 au total). Fermions : ●|● seulement : 1 simple, 0 double.
  2. (b) Distinctes : \(3^3 = 27\) : 6 simples (permutations de ①②③ dans trois cases), 18 doubles, 3 triples. Classique corrigé \(/3! = 6\) : 1, 3 et 1/2 (4,5 au total). Bosons : 1 simple (●|●|●), 6 doubles (choix de la case double × choix de la case simple), 3 triples (10 au total). Fermions : 1 simple, 0, 0.
  3. La correction \(1/N!\) est exacte pour l'occupation simple mais sous-estime les occupations multiples des bosons (3 contre 6 doubles, 1/2 contre 3 triples) et surestime celles des fermions (qui n'en ont pas). Les états de basse énergie, fortement occupés, reçoivent donc plus de particules avec des bosons et moins avec des fermions que ne le prédit le calcul classique.

(a) 4 / 2 / 3 / 1 | (b) 27 / 4,5 / 10 / 1 (distinctes / classique / bosons / fermions)

Lundi - Ex. 6 p. 344Cas classique, niveaux équidistants

D6. Niveaux \(\varepsilon_n = n\,(0{,}02\ \text{eV})\) à 273 K

Soit un système dont les énergies d'état sont \(\varepsilon_n = n(0{,}02\ \text{eV})\), \(n = 0, 1, 2, \ldots\), à 273 K. (a) Quelle est la valeur de la constante \(C\) dans \(P_s = Ce^{-\beta\varepsilon_s}\) (3 décimales) ? (b) Quelle est la probabilité que le système soit dans l'état de moindre énergie ? (c) Dans le premier état excité ? (Utiliser \(1 + x + x^2 + \cdots = 1/(1 - x)\).)

Indice

La somme \(\sum_n e^{-n\beta\varepsilon}\) est géométrique de raison \(e^{-\beta\varepsilon}\).

Corrigé
  1. \(kT = 8{,}617\times10^{-5}\times273 = 0{,}02352\) eV ; \(\beta\varepsilon = 0{,}02/0{,}02352 = 0{,}850\) ; \(e^{-0{,}850} = 0{,}427\).
  2. (a) \(\sum_n e^{-n\beta\varepsilon} = 1/(1 - 0{,}427) = 1{,}746\), donc \(C = 1 - e^{-\beta\varepsilon} = 0{,}573\).
  3. (b) \(P_0 = Ce^{0} = 0{,}573\). (c) \(P_1 = Ce^{-\beta\varepsilon} = 0{,}573\times0{,}427 = 0{,}245\).

Même valeurs que le corrigé du professeur (0,572 et 0,245). À 500 K (ex. 7), on aurait \(C = 0{,}371\), \(P_0 = 0{,}371\), \(P_1 = 0{,}233\) : plus il fait chaud, plus les états excités sont peuplés.

(a) \(C = 0{,}573\) | (b) \(P_0 = 0{,}573\) | (c) \(P_1 = 0{,}245\)

Lundi - Ex. 16 p. 345Niveau dégénéré, température d'excitation

D7. Molécule à quatre configurations électroniques

Une molécule a 4 configurations électroniques possibles : un état à \(-0{,}34\) eV (fondamental) et trois états à \(-0{,}30\) eV. (a) À 17 °C, quelle fraction des molécules est dans l'état de moindre énergie ? (b) À quelle température la moitié des molécules serait-elle dans l'un des états excités ?

Indice

Quatre états, donc quatre termes dans \(C\). Mesurer les énergies depuis le fondamental : seul \(\Delta\varepsilon = 0{,}04\) eV compte.

Corrigé
  1. (a) \(T = 290\) K, \(kT = 0{,}0250\) eV, \(\beta\Delta\varepsilon = 1{,}60\), \(e^{-1{,}60} = 0{,}202\). \(C = 1/(1 + 3\times0{,}202) = 1/1{,}606 = 0{,}623\) et \(P_0 = C = 0{,}623\) : 62 % des molécules au fondamental.
  2. (b) Fraction excitée \(= 3Ce^{-\beta\Delta\varepsilon} = 3e^{-\beta\Delta\varepsilon}/(1 + 3e^{-\beta\Delta\varepsilon}) = 1/2 \Rightarrow 3e^{-\beta\Delta\varepsilon} = 1 \Rightarrow \beta\Delta\varepsilon = \ln 3\).
  3. \(T = \Delta\varepsilon/(k\ln 3) = 0{,}04/(8{,}617\times10^{-5}\times1{,}099) = 423\) K.

Sans la dégénérescence (un seul état excité), la moitié ne serait jamais excitée : la fraction excitée tend vers \(g_1/(g_0 + g_1) = 3/4\) ici, vers 1/2 seulement à \(T \to \infty\) avec \(g_1 = g_0\).

(a) 0,62 | (b) 423 K

Lundi - Ex. 49 p. 350Mouvement brownien

D8. Grain de poussière sur l'eau glacée

Un grain de poussière pèse \(10^{-8}\) g. Il tombe dans un verre d'eau glacée et est maintenu à la surface par la tension de surface, où il se déplace librement en deux dimensions seulement. Quelle est la valeur quadratique moyenne de la vitesse de son mouvement brownien ?

Indice

Combien de degrés de liberté de translation a un grain confiné à une surface ? Masse en kg, température en kelvins.

Corrigé
  1. \(m = 10^{-8}\ \text{g} = 10^{-11}\) kg ; eau glacée : \(T = 273\) K.
  2. Deux degrés de liberté : \(\tfrac{1}{2}m\overline{v^2} = 2\times\tfrac{1}{2}kT\), donc \(v_{rms} = \sqrt{2kT/m} = \sqrt{2\times1{,}381\times10^{-23}\times273/10^{-11}} = 2{,}7\times10^{-5}\) m/s, soit 27 µm/s.
  3. Avec trois degrés de liberté (l'énoncé abrégé de la diapo ne précise pas « deux dimensions »), on obtiendrait \(\sqrt{3kT/m} = 3{,}4\times10^{-5}\) m/s. La réponse du manuel (\(2{,}8\times10^{-5}\) m/s) confirme la version à deux dimensions.

\(v_{rms} = \sqrt{2kT/m} = 2{,}7\times10^{-5}\) m/s (\(3{,}4\times10^{-5}\) m/s en 3D)

Lundi - Ex. 4 p. 416Nombre d'occupation

D9. Un état à 0,004 eV au-dessus de \(\mu\)

Un état d'énergie est 0,004 eV au-dessus du potentiel chimique dans un système à 17 °C. Quel est le nombre d'occupation de cet état s'il est composé (a) de fermions, (b) de bosons ?

Indice

\(x = (\varepsilon - \mu)/kT\) est petit : les deux statistiques vont différer énormément.

Corrigé
  1. \(kT = 8{,}617\times10^{-5}\times290 = 0{,}0250\) eV ; \(x = 0{,}004/0{,}0250 = 0{,}160\) ; \(e^{x} = 1{,}174\).
  2. (a) Fermions : \(\bar n = 1/(e^{x} + 1) = 1/2{,}174 = 0{,}46\) (juste sous 1/2, comme attendu un peu au-dessus de \(\mu\)).
  3. (b) Bosons : \(\bar n = 1/(e^{x} - 1) = 1/0{,}174 = 5{,}8\). Le classique donnerait \(e^{-x} = 0{,}85\).

(a) 0,46 | (b) 5,8

Lundi - Ex. 9 p. 416Nombre d'occupation, autre règle

D10. Les « goofions »

Imaginons une troisième classe de particules, les goofions, pour lesquelles il peut uniquement y avoir 0, 1 ou 2 particules par état. Déterminer l'expression du nombre d'occupation de ces particules en fonction de \(\varepsilon\), \(\mu\) et \(\beta\).

Indice

Trois termes dans \(\sum_n e^{-nx}\), puis \(\bar n = -\partial_x\ln\sum\), ou directement \(\bar n = \sum nP_n\).

Corrigé
  1. \(x = \beta(\varepsilon - \mu)\) ; \(Z = \sum_{n=0}^{2} e^{-nx} = 1 + e^{-x} + e^{-2x}\).
  2. \(\bar n = -\dfrac{\partial\ln Z}{\partial x} = \dfrac{e^{-x} + 2e^{-2x}}{1 + e^{-x} + e^{-2x}}\). En multipliant haut et bas par \(e^{2x}\) : \(\bar n = \dfrac{e^{x} + 2}{e^{2x} + e^{x} + 1}\), forme donnée par le manuel.
  3. Contrôles : \(x \to +\infty\) donne \(\bar n \to e^{-x}\) (limite classique) ; \(x \to -\infty\) donne \(\bar n \to 2\) (état saturé) ; à \(x = 0\), \(\bar n = 1\).

\(\bar n = (e^{x} + 2)/(e^{2x} + e^{x} + 1)\), \(x = \beta(\varepsilon - \mu)\)

Diapo 26 - applicationLimite du cas classique

D11. L'air de la pièce et les électrons d'un métal

Vérifier avec le critère \(rp/h \gg 1\) si la statistique classique s'applique (a) aux molécules de N₂ de l'air (1 atm, 293 K, \(m = 4{,}67\times10^{-26}\) kg) et (b) aux électrons de conduction du cuivre (un électron par atome, 8,9 g/cm³, masse atomique 64) à 298 K.

Indice

Pour un gaz parfait, \(N/V = p/kT\). Pour le cuivre, compter les atomes par m³ à partir de la masse volumique.

Corrigé
  1. (a) \(N/V = p/kT = 1{,}013\times10^{5}/(1{,}381\times10^{-23}\times293) = 2{,}5\times10^{25}\) m⁻³, \(r = (V/N)^{1/3} = 3{,}4\times10^{-9}\) m ; \(p = \sqrt{3mkT} = \sqrt{3\times4{,}67\times10^{-26}\times1{,}381\times10^{-23}\times293} = 2{,}38\times10^{-23}\) kg m/s ; \(rp/h = 3{,}4\times10^{-9}\times2{,}38\times10^{-23}/6{,}626\times10^{-34} = 120\). Classique sans hésitation.
  2. (b) \(N/V = 8900/(64\times1{,}66\times10^{-27}) = 8{,}4\times10^{28}\) m⁻³, \(r = 2{,}3\times10^{-10}\) m ; \(p = \sqrt{3\times9{,}11\times10^{-31}\times1{,}381\times10^{-23}\times298} = 1{,}06\times10^{-25}\) kg m/s ; \(rp/h = 0{,}037\). Très inférieur à 1 : gaz d'électrons dégénéré, statistique de Fermi-Dirac obligatoire (cours 9).

(a) \(rp/h \approx 120\), classique | (b) \(rp/h \approx 0{,}04\), quantique

Exercices suggérés

Liste officielle pour le cours 7 : chapitre 15, exercices 1, 4, 5, 10, 15, 21, 25, 39, 45 et 46 ; chapitre 19, exercices 1, 5, 11, 15, 17, 19, 26 et 27. Les pairs ont un corrigé du professeur (manuscrit), les impairs une réponse à la fin du manuel ; tout a été recalculé.

Chap. 15, ex. 1, p. 343Sous-système et réservoir

Entropie du réservoir après le prélèvement

Un réservoir a pour température, pression et potentiel chimique \(T\), \(p\), \(\mu\) et pour entropie initiale \(S_0\). Un petit système interagit avec lui et lui prend \(\Delta E\), \(\Delta V\), \(\Delta N\). Trouver (a) la nouvelle entropie \(S_R\) du réservoir, (b) le nombre d'états qui lui sont maintenant accessibles, (c) la probabilité, à une constante près, que le petit système soit dans l'état qui prend \(\Delta E\), \(\Delta V\), \(\Delta N\) au réservoir.

Corrigé
  1. (a) \(dS = (dE + p\,dV - \mu\,dN)/T\) pour le réservoir, qui perd \(\Delta E\), \(\Delta V\), \(\Delta N\) : \(S_R = S_0 - (\Delta E + p\Delta V - \mu\Delta N)/T\).
  2. (b) \(\Omega_R = e^{S_R/k}\).
  3. (c) \(P \propto \Omega_R\) : \(P = C\exp[-(\Delta E + p\Delta V - \mu\Delta N)/kT]\), \(C\) contenant \(e^{S_0/k}\) et la normalisation.

(a) \(S_0 - (\Delta E + p\Delta V - \mu\Delta N)/T\) | (b) \(e^{S_R/k}\) | (c) \(Ce^{-(\Delta E + p\Delta V - \mu\Delta N)/kT}\)

Chap. 15, ex. 4, p. 343Le terme \(p\Delta V\)

Pression minimale dans une étoile à neutrons

Le rayon d'un atome d'hydrogène est d'environ \(0{,}53\times10^{-10}\) m, celui d'un neutron est négligeable. L'électron peut se combiner au proton pour former un neutron (en libérant un neutrino), mais cet état est 0,84 MeV plus haut en énergie que l'état non combiné. En supposant que la statistique classique donne à peu près la bonne réponse, calculer la pression minimale qui doit régner dans une étoile à neutrons.

Indice

Ici \(p\Delta V\) ne peut plus être négligé : la combinaison libère tout le volume de l'atome, \(\Delta V = -V_H\).

Corrigé
  1. \(V_H = \tfrac{4}{3}\pi(0{,}53\times10^{-10})^3 = 6{,}2\times10^{-31}\) m³. Passer de l'atome au neutron coûte \(\Delta E = 0{,}84\) MeV mais rend \(V_H\) au réservoir : \(P_{neutron}/P_{atome} = e^{-(\Delta E - pV_H)/kT}\).
  2. L'état neutron devient le plus probable quand \(pV_H \gt \Delta E\) : \(p \gt \Delta E/V_H = 0{,}84\times10^{6}\times1{,}602\times10^{-19}/6{,}2\times10^{-31} = 2{,}2\times10^{17}\) Pa.
  3. Le corrigé du professeur prend un critère plus doux (\(pV_H\) de l'ordre de \(\Delta E/10\)) et obtient \(2{,}2\times10^{16}\) Pa. Dans les deux cas, c'est \(10^{11}\) à \(10^{12}\) fois la pression atmosphérique (errata).

\(p \gtrsim \Delta E/V_H \approx 2\times10^{17}\) Pa (corrigé du professeur : \(2\times10^{16}\) Pa avec un critère au dixième)

Chap. 15, ex. 5, p. 343Le terme \(p\Delta V\)

Hydrogène excité : quand \(p\Delta V\) compte-t-il ?

Dans le modèle de Bohr, le rayon de l'atome d'hydrogène au fondamental est \(0{,}53\times10^{-10}\) m et celui du premier état excité est quatre fois plus grand. Les énergies sont \(-13{,}6\) eV et \(-3{,}4\) eV. (a) Que valent \(\Delta E\) et \(p\Delta V\) pour l'excitation à la pression atmosphérique ? (b) À quelle pression \(p\Delta V\) serait-il comparable à \(\Delta E\) ? Combien d'atmosphères ?

Corrigé
  1. (a) \(\Delta E = 10{,}2\) eV. \(\Delta V = (4^3 - 1)V_H = 63\times6{,}2\times10^{-31} = 3{,}9\times10^{-29}\) m³ ; \(p\Delta V = 1{,}013\times10^{5}\times3{,}9\times10^{-29} = 4{,}0\times10^{-24}\) J \(= 2{,}5\times10^{-5}\) eV. Négligeable : \(4\times10^{5}\) fois plus petit que \(\Delta E\).
  2. (b) \(p = \Delta E/\Delta V = 10{,}2\times1{,}602\times10^{-19}/3{,}9\times10^{-29} = 4{,}2\times10^{10}\) Pa \(= 4{,}1\times10^{5}\) atm.

(a) 10,2 eV et \(2{,}5\times10^{-5}\) eV | (b) \(4{,}2\times10^{10}\) Pa \(\approx 4\times10^{5}\) atm

Chap. 15, ex. 10, p. 344Cas quantique, fermions

Probabilités d'occupation d'un état de fermions

Un système est à 290 K avec \(\mu = -0{,}2\) eV. Un état quantique a une énergie par particule de \(-0{,}16\) eV et ne peut contenir qu'un fermion au plus. (a) Valeur de \(C\) dans \(P_n = Ce^{-n\beta(\varepsilon - \mu)}\) (3 décimales) ? (b) Probabilité que l'état soit vide ? (c) Qu'il contienne une particule ?

Corrigé
  1. \(\varepsilon - \mu = 0{,}04\) eV ; \(kT = 0{,}02499\) eV ; \(x = 1{,}60\) ; \(e^{-x} = 0{,}202\).
  2. (a) \(C = 1/(1 + e^{-x}) = 0{,}832\). (b) \(P_0 = C = 0{,}832\). (c) \(P_1 = Ce^{-x} = 0{,}168\).
  3. Comparaison avec l'ex. 9 (même état, bosons) : \(C = 1 - e^{-x} = 0{,}798\), \(P_0 = 0{,}798\), \(P_1 = 0{,}161\), et une probabilité non nulle d'en avoir 2, 3, etc.

(a) 0,832 | (b) 0,832 | (c) 0,168 (corrigé du professeur identique)

Chap. 15, ex. 15, p. 345Cas quantique

Vide ou occupé à 1000 K

Un système de particules est à 1000 K avec \(\mu = -0{,}4\) eV. Dans un certain état quantique, une particule aurait l'énergie \(-0{,}2\) eV. Combien de fois est-il plus probable que cet état soit vide plutôt qu'occupé par une particule ?

Corrigé
  1. \(P_0/P_1 = e^{\beta(\varepsilon - \mu)}\), indépendamment de \(C\) et du type de particule.
  2. \(\varepsilon - \mu = 0{,}2\) eV, \(kT = 0{,}0862\) eV, \(x = 2{,}32\) : \(P_0/P_1 = e^{2{,}32} = 10{,}2\).

10,2 fois

Chap. 15, ex. 21, p. 346Température d'excitation

En dessous de quelle température l'excitation est-elle improbable ?

S'il faut 0,03 eV pour exciter les molécules d'un système vers leur premier état excité, quelle est, grosso modo, la température en dessous de laquelle la probabilité d'excitation est faible ?

Corrigé
  1. Température d'excitation \(T_e = \Delta\varepsilon/k = 0{,}03/8{,}617\times10^{-5} = 348\) K.
  2. Pour \(T \ll 348\) K le rapport \(P_1/P_0 = e^{-T_e/T}\) devient petit (à 100 K : \(e^{-3{,}5} = 0{,}03\)) ; à 348 K il vaut déjà \(e^{-1} = 0{,}37\).

\(T_e \approx 350\) K

Chap. 15, ex. 25, p. 346Cas classique

Molécule d'air en mouvement ou immobile

Une molécule d'air a une masse de \(5\times10^{-26}\) kg. Dans l'état 1 elle se déplace dans une direction donnée à 400 m/s, dans l'état 2 elle est immobile. Quel est le rapport \(P_1/P_2\) si la température de l'air est (a) 17 °C, (b) \(-40\) °C ?

Corrigé
  1. \(\varepsilon_1 - \varepsilon_2 = \tfrac{1}{2}mv^2 = 0{,}5\times5\times10^{-26}\times400^2 = 4{,}0\times10^{-21}\) J \(= 0{,}0250\) eV.
  2. (a) 290 K : \(kT = 0{,}0250\) eV, \(P_1/P_2 = e^{-1{,}00} = 0{,}37\). (b) 233 K : \(kT = 0{,}0201\) eV, \(P_1/P_2 = e^{-1{,}24} = 0{,}29\).
  3. Il s'agit de deux états précis (une vitesse donnée) et non de deux vitesses : la distribution des vitesses, qui compte les états, est l'objet du chapitre 16.

(a) 0,37 | (b) 0,29

Chap. 15, ex. 39, p. 348Niveau dégénéré

Quatre états, un fondamental et trois excités

Une particule interagit avec un réservoir à 500 K et peut être dans quatre états : le fondamental à \(-3{,}1\) eV et trois états excités à \(-3{,}0\) eV. Probabilité qu'elle soit (a) dans le fondamental, (b) dans un état excité particulier, (c) dans n'importe quel état d'énergie \(-3{,}0\) eV ?

Corrigé
  1. \(kT = 0{,}0431\) eV, \(\Delta\varepsilon = 0{,}1\) eV, \(e^{-\beta\Delta\varepsilon} = e^{-2{,}32} = 0{,}0982\).
  2. (a) \(P_0 = 1/(1 + 3\times0{,}0982) = 0{,}772\). (b) \(P_{exc} = 0{,}772\times0{,}0982 = 0{,}076\). (c) \(3\times0{,}076 = 0{,}228 = 1 - P_0\).

(a) 0,772 | (b) 0,076 | (c) 0,228

Chap. 15, ex. 45, p. 350Équipartition

Énergie et vitesse d'une molécule d'azote

Une molécule de N₂ a une masse de \(4{,}7\times10^{-26}\) kg. Dans l'air à 20 °C : (a) combien de degrés de liberté de translation a-t-elle ? (b) Quelle est son énergie cinétique de translation moyenne ? (c) Sa vitesse quadratique moyenne ? (d) Celle d'une molécule de H₂ (\(3{,}3\times10^{-27}\) kg) ?

Corrigé
  1. (a) 3. (b) \(\tfrac{3}{2}kT = 1{,}5\times1{,}381\times10^{-23}\times293 = 6{,}1\times10^{-21}\) J \(= 0{,}038\) eV.
  2. (c) \(v_{rms} = \sqrt{3kT/m} = \sqrt{1{,}21\times10^{-20}/4{,}7\times10^{-26}} = 508\) m/s. (d) \(\sqrt{1{,}21\times10^{-20}/3{,}3\times10^{-27}} = 1920\) m/s : à même température, même énergie, donc la molécule 14 fois plus légère va \(\sqrt{14} = 3{,}8\) fois plus vite.

(a) 3 | (b) \(6{,}1\times10^{-21}\) J | (c) 508 m/s | (d) 1920 m/s

Chap. 15, ex. 46, p. 350Équipartition

Nucléon et électron à dix millions de kelvins

La masse d'un nucléon est \(1{,}7\times10^{-27}\) kg et celle d'un électron \(9{,}1\times10^{-31}\) kg. Dans les réactions nucléaires violentes (intérieur des étoiles), la température est d'environ \(10^{7}\) K. Quelle est la vitesse quadratique moyenne (a) d'un nucléon, (b) d'un électron ?

Corrigé
  1. \(3kT = 3\times1{,}381\times10^{-23}\times10^{7} = 4{,}14\times10^{-16}\) J.
  2. (a) \(v_{rms} = \sqrt{4{,}14\times10^{-16}/1{,}7\times10^{-27}} = 4{,}9\times10^{5}\) m/s. (b) \(\sqrt{4{,}14\times10^{-16}/9{,}1\times10^{-31}} = 2{,}1\times10^{7}\) m/s, soit 7 % de la vitesse de la lumière : la formule classique commence à peine à être limite pour l'électron.

(a) \(4{,}9\times10^{5}\) m/s | (b) \(2{,}1\times10^{7}\) m/s

Chap. 19, ex. 1, p. 415Nombre d'occupation, fermions

Quatre états de fermions autour de \(\mu\)

À 295 K, trouver le nombre d'occupation d'un état de fermions situé (a) 0,01 eV sous \(\mu\), (b) 0,01 eV au-dessus, (c) 0,1 eV sous \(\mu\), (d) 0,1 eV au-dessus.

Corrigé
  1. \(kT = 0{,}02542\) eV ; \(\bar n = 1/(e^{x} + 1)\) avec \(x = (\varepsilon - \mu)/kT = \mp0{,}393\) ou \(\mp3{,}93\).
  2. (a) \(x = -0{,}393\) : \(1/(0{,}675 + 1) = 0{,}597\). (b) \(x = +0{,}393\) : \(1/(1{,}482 + 1) = 0{,}403\). (c) \(x = -3{,}93\) : \(1/(0{,}0196 + 1) = 0{,}981\). (d) \(x = +3{,}93\) : \(1/(51{,}1 + 1) = 0{,}019\).
  3. Symétrie : \(\bar n(\mu - \delta) + \bar n(\mu + \delta) = 1\). Le corrigé manuscrit du professeur donne ces quatre valeurs sous le numéro 2, qui concerne en fait des bosons (errata).

(a) 0,597 | (b) 0,403 | (c) 0,981 | (d) 0,019

Chap. 19, ex. 5, p. 416Bosons et fermions

Rapport \(\bar n_{bosons}/\bar n_{fermions}\) à 300 K

À 300 K, calculer le rapport \(\bar n_{bosons}/\bar n_{fermions}\) pour \(\varepsilon - \mu\) égal à (a) 0,002 eV, (b) 0,02 eV, (c) 0,2 eV, (d) 2,0 eV.

Corrigé
  1. \(\dfrac{\bar n_B}{\bar n_F} = \dfrac{e^{x} + 1}{e^{x} - 1}\), \(kT = 0{,}02585\) eV.
  2. (a) \(x = 0{,}0774\) : 25,9. (b) \(x = 0{,}774\) : 2,71. (c) \(x = 7{,}74\) : 1,0009. (d) \(x = 77{,}4\) : 1,000.
  3. Dès que \(\varepsilon - \mu\) dépasse quelques \(kT\), les deux statistiques (et la classique) coïncident.

(a) 25,9 | (b) 2,71 | (c) 1,001 | (d) 1,000

Chap. 19, ex. 11, p. 416Potentiel chimique

Potentiel chimique d'un gaz de bosons dilué

L'état fondamental d'un système de bosons à 290 K a l'énergie \(\varepsilon = 0\). Si le nombre d'occupation de cet état est 0,001, quel est le potentiel chimique ?

Corrigé
  1. \(\bar n = 1/(e^{-\beta\mu} - 1) = 0{,}001 \Rightarrow e^{-\beta\mu} = 1 + 1/\bar n = 1001\).
  2. \(\mu = -kT\ln 1001 = -0{,}02499\times6{,}909 = -0{,}173\) eV. Occupation faible, donc \(\mu\) très négatif : on est dans le régime classique, où \(\bar n \approx e^{\beta\mu}\) donne presque la même chose.

\(\mu = -0{,}173\) eV

Chap. 19, ex. 15, p. 417Comparaison des statistiques

Où le classique vaut la moitié des bosons

(a) Pour quelle valeur de \((\varepsilon - \mu)/kT\) la prédiction classique vaut-elle la moitié de celle des bosons ? (b) Pour cette valeur, quel est le rapport entre la prédiction classique et celle des fermions ?

Corrigé
  1. (a) \(e^{-x} = \tfrac{1}{2}\cdot\dfrac{1}{e^{x} - 1} \Rightarrow 2(e^{x} - 1)e^{-x} = 1 \Rightarrow 2 - 2e^{-x} = 1 \Rightarrow e^{-x} = \tfrac{1}{2}\), \(x = \ln 2 = 0{,}693\).
  2. (b) \(\dfrac{\bar n_{cl}}{\bar n_F} = e^{-x}(e^{x} + 1) = 1 + e^{-x} = 1{,}5\).

(a) \(\ln 2 = 0{,}693\) | (b) 1,5

Chap. 19, ex. 17, p. 417Comptage des configurations

Trois pièces de monnaie

Trois pièces sont lancées. Selon la statistique classique, combien d'arrangements différents sont disponibles (a) si les pièces sont distinguables, (b) si elles sont identiques ? (c) Pour quelle fraction des arrangements de (a) a-t-on trois faces ou trois piles ? (d) Quel est le vrai nombre de configurations face/pile distinctes pour trois pièces identiques ? (e) Pour quelle fraction de ces arrangements a-t-on trois faces ou trois piles ?

Corrigé
  1. (a) Deux états (face, pile) pour chaque pièce : \(2^3 = 8\). (b) Correction classique \(8/3! = 4/3\) (non entier : la correction n'est qu'approximative). (c) FFF et PPP : \(2/8 = 1/4\).
  2. (d) Avec des pièces identiques, seul le nombre de faces compte : 0, 1, 2 ou 3, soit 4 configurations (c'est \(C_{3+2-1}^{\,3} = 4\), le comptage « bosons »). (e) \(2/4 = 1/2\).
  3. Le comptage classique sous-estime les arrangements à occupation multiple (trois pièces dans le « même état »), exactement comme pour les bosons.

(a) 8 | (b) 4/3 | (c) 1/4 | (d) 4 | (e) 1/2

Chap. 19, ex. 19, p. 418Comptage des configurations

Deux particules dans quatre états

Deux particules se répartissent entre quatre états quantiques. Donner les nombres \(s\) et \(d\) d'arrangements à occupation simple et double selon (a) la statistique classique pour des particules distinguables, (b) la statistique classique pour des particules identiques, (c) Bose-Einstein, (d) Fermi-Dirac.

Corrigé
  1. (a) Distinguables : \(4^2 = 16\) arrangements, dont \(4\times3 = 12\) simples et 4 doubles.
  2. (b) Classique corrigé \(/2!\) : \(s = 6\), \(d = 2\).
  3. (c) Bosons : \(s = C_4^{\,2} = 6\) (deux états distincts occupés), \(d = 4\) (les deux dans le même état) ; total \(C_{5}^{\,2} = 10\).
  4. (d) Fermions : \(s = 6\), \(d = 0\).

(a) 12 et 4 | (b) 6 et 2 | (c) 6 et 4 | (d) 6 et 0

Chap. 19, ex. 26, p. 419Limite du cas classique

Les électrons de conduction du cuivre

Chaque atome de cuivre fournit un électron de conduction. Masse atomique 64, masse volumique 8,9 g/cm³. (a) Volume par électron de conduction ? (b) Séparation caractéristique \(r\) ? (c) Peut-on traiter ces électrons classiquement à température ambiante ? (d) À 10 000 K ? (e) Peut-on traiter les atomes de cuivre classiquement à température ambiante ?

Corrigé
  1. (a) \(N/V = 8900/(64\times1{,}66\times10^{-27}) = 8{,}4\times10^{28}\) m⁻³, soit \(1{,}2\times10^{-29}\) m³ par électron. (b) \(r = (1{,}2\times10^{-29})^{1/3} = 2{,}3\times10^{-10}\) m.
  2. (c) \(p = \sqrt{3m_ekT} = 1{,}06\times10^{-25}\) kg m/s à 298 K ; \(rp/h = 0{,}037 \ll 1\) : non, les électrons sont dégénérés. (d) \(p\) croît comme \(\sqrt{T}\) : \(rp/h = 0{,}037\times\sqrt{10\,000/298} = 0{,}21\), toujours non.
  3. (e) Atomes de cuivre, \(m = 1{,}06\times10^{-25}\) kg (116 000 fois l'électron) : \(p = 3{,}6\times10^{-23}\) kg m/s et \(rp/h = 12 \gg 1\) : oui, les atomes se traitent classiquement, ce qui est cohérent avec Dulong et Petit. Le corrigé du professeur répond non en invoquant les atomes fixés dans le réseau ; le critère du chapitre dit le contraire (errata).

(a) \(1{,}2\times10^{-29}\) m³ | (b) \(2{,}3\times10^{-10}\) m | (c) non (0,04) | (d) non (0,2) | (e) oui (12)

Chap. 19, ex. 27, p. 419Limite du cas classique

Les molécules de l'eau liquide

La séparation caractéristique des molécules de l'eau liquide est d'environ 0,3 nm (l'énoncé du manuel écrit 0,3 µm, coquille : voir l'errata). Les molécules d'eau à température ambiante peuvent-elles être étudiées avec la statistique classique ?

Corrigé
  1. \(m = 18\times1{,}66\times10^{-27} = 3{,}0\times10^{-26}\) kg ; \(p = \sqrt{3mkT} = \sqrt{3\times3{,}0\times10^{-26}\times1{,}381\times10^{-23}\times295} = 1{,}9\times10^{-23}\) kg m/s.
  2. \(rp/h = 3\times10^{-10}\times1{,}9\times10^{-23}/6{,}626\times10^{-34} = 8{,}7 \approx 9\) : oui, de justesse mais oui. Avec 0,3 µm on trouverait 9000, ce qui ne correspond pas à la réponse du manuel (9) : la donnée est bien 0,3 nm.

Oui, \(rp/h \approx 9\)